Aviva Markowicz murmure à l’oreille des entrepreneurs new-yorkais

Aviva Markowicz a su dès son premier jour à Numa qu’elle voulait s’investir dans le développement international. Près de six ans plus tard, la jeune femme originaire de Metz est à la tête des bureaux new-yorkais de cet accélérateur français de start-ups.

Après avoir « passé 50% du temps dans des avions » pour exporter Numa à Moscou, Barcelone, Berlin, Mexico, Casablanca et Bangalore, elle a posé ses valises à New York il y a 18 mois. Près de 700 candidatures de start-ups plus tard, elle s’apprête à accueillir en octobre la troisième session d’accompagnement de l’année. L’appel à candidature est encore ouvert.

Sous le haut plafond de l’espace de coworking Alley sur la 24e rue, elle désigne plusieurs rangées de tables désertes. « C’est ici que s’installent les start-ups que l’on accompagne. Aujourd’hui, on organise trois cohortes par an de dix semaines et on accélère entre cinq et dix start-ups par cohorte », explique la directrice de 31 ans, aujourd’hui à la tête d’une équipe de cinq personnes.

Numa s’adresse à des entreprises non-américaines du monde entier qui ont déjà fait leurs armes sur le marché local, c’est-à-dire qui ont entre 500.000 et 5 millions de dollars en revenus ou en fundraising.

Moyennant un tarif de 25.000 dollars par programme, Numa propose de préparer les start-ups pour le marché américain. « On les aide à comprendre leur place ici, comment se positionner, s’il faut rentrer par un marché de niche, le timing pour lever des fonds, qui aller voir… », énumère Aviva Markowicz, qui a elle-même co-fondé une start-up dans le « social shopping » sept ans plus tôt.

« Je venais d’avoir mon diplôme et je pense qu’on a fait à peu près toutes les erreurs qu’on peut faire en tant qu’entrepreneur, reconnait cette ancienne de l’ESC Grenoble dans un éclat de rire. On est passé à travers beaucoup d’étapes dans la douleur parce qu’à l’époque, il y avait encore très peu de programmes d’accélération », se souvient-elle.

« On a finalement fermé la boite mais ça a été extrêmement enrichissant et je me suis dit : “Il faut absolument que je trouve un programme qui aide les entrepreneurs à ne pas faire toutes ces erreurs” », poursuit la responsable.

Comment accompagne-t-elle les start-ups aujourd’hui ? Numa a un réseau de 150 mentors à New York. “C’est vraiment eux qui vont pousser les entrepreneurs et les accompagner au quotidien ». Pour constituer ce carnet d’adresses, Numa a misé sur ses « alumni ».

« On a accéléré environ 350 entreprises à travers le monde et plus de 40% d’entre elles vont tenter leur chance aux Etats-Unis dans les 18 mois qui suivent leur sortie de l’accélérateur. Et là-dessus, 80% des entreprises choisissent New York », constate Aviva Markowicz. « Pour moi, New York était une opportunité fantastique. Ça m’a permis de piloter de A à Z le lancement de Numa avec toutes les problématiques entrepreneuriales… de lancer une nouvelle boite, en fait. » Sans accélérateur.