Avec Rides by me, San Francisco se visite désormais en side-car

Jérôme Ribeiro, aux commandes de son side-car Ural. Crédit: Hélène Labriet-Gross

Une pétarade qu’on reconnaît de loin et qui promet déjà une visite pas comme les autres…

Au volant de sa moto Ural bordeaux, Jérôme Ribeiro attire les regards des passants quand il gare son side-car pour embarquer ses prochains passagers. Il a lancé Rides by me en mai dernier, pour faire découvrir San Francisco depuis le confort d’un side-car. Une idée qui lui est venue lors d’un séjour estival en Europe l’an dernier: “Sur les Champs-Elysées, j’ai vu des visites organisées en side-car. Même chose à Barcelone, puis à Lisbonne…De retour à San Francisco, j’ai fait quelques recherches et j’ai constaté que personne ne le faisait.

Au programme de Rides by me: plusieurs itinéraires (points de vue incontournables, collines, itinéraires à la carte) qui permettent de sillonner San Francisco pendant environ trois heures. “Le but est de prendre son temps et de profiter des avantages du side-car: on a une vue à 360 degrés, on peut passer presque partout et s’arrêter quand on veut pour prendre des photos.

A proximité de China Basin, il manoeuvre prudemment sa moto entre deux poteaux qui empêchent les voitures de s’approcher du front de mer. Le side-car passe, et donne accès à une superbe vue sur le Bay Bridge et le stade des Giants. Le side-car lui-même est devenu une attraction: dans les zig-zag de Lombard street ou sur Embarcadero, son passage est salué par des saluts de la main ou des exclamations de surprise. “Pendant un tour, il faut s’attendre à beaucoup sourire et se faire prendre en photo“, prévient en plaisantant son propriétaire.

De la restauration au side-car

Avant de lancer Rides by me, Jérôme Ribeiro s’est entraîné pendant cinq mois à conduire: “La conduite est différente par rapport à une moto traditionnelle, et comme je voulais pouvoir transporter des passagers en toute sécurité, j’ai arpenté toutes les rues, monté toutes les collines afin d’avoir le side-car parfaitement en main.” Malgré son look vintage qui rappellera peut-être à certains des scènes mémorables de “La Grande Vadrouille”, la moto que Jérôme Ribeiro conduit date de 2018: “Elle a le charme des motos d’antan, mais sans le risque de tomber en panne ou de ne pas trouver les pièces de remplacement.

Bien que conducteur de moto depuis ses 18 ans, Jérôme Ribeiro ne se destinait à devenir guide: originaire de Strasbourg, il est arrivé aux Etats-Unis en 1998, après avoir gagné la carte verte à la loterie. “J’étais alors sous-chef dans un restaurant en Suisse”. A San Francisco, il a travaillé au Café de la Presse, Chez Papa et dans plusieurs hotels. Il est  désormais manager de Revelry Bistro dans Hayes Valley. Une activité qui l’occupe surtout en fin d’après-midi et le soir, et qui lui laisse le loisir de développer Rides by Me. “D’ici un an, j’aimerais avoir une dizaine de motos avec side-cars, et peut-être proposer des tours en dehors de San Francisco, par exemple dans la Napa Valley: visiter les domaines le nez au vent, ce serait magnifique, non?