Au secours ! Mes parents arrivent à New York.

 « Bon, récapitulons : Nous arrivons le week-end du 15 août pour rester 10 jours chez toi. Tu es bien sure que l’on ne va pas te déranger ? ça nous fait tellement plaisir de voir où tu vis, de rencontrer tes amis et ton petit chéri. Ton père veut aussi te parler de ton nouveau job, il a quelques idées plutôt intéressantes à ce sujet. N’oublie pas de venir nous chercher à l’aéroport, sans toi on n’arrivera pas à se débrouiller pour trouver un taxi et aller chez toi ». Christine reste sans voix ce qui, dans l’esprit de ses parents, équivaut à un oui franc et massif. Pourtant, tout en elle veut dire non. « Bien sûr Maman, tu peux compter sur moi, je serai à l’aéroport pile à l’heure ».

Elle les aime, ils lui ont manqué, mais elle ne veut pas se sentir envahie ou jugée, et encore moins devoir se justifier sur le mode de vie qu’elle a choisi. Au secours ! Ses parents arrivent à New York dans plus d’un mois et Christine est déjà en train de préparer leur départ.

C’est chez elle que nous nous rencontrons cette fois ci. Nous nous connaissons déjà depuis un moment puisque nous avons travaillé ensemble il y a deux ans alors qu’elle était en pleine recherche de sa vocation. Depuis qu’elle a créé sa propre agence de mannequins et qu’elle a rencontré Tony, sa vie est devenue harmonieuse. « J’ai tendance à le croire Nicolas, mais je sais aussi que c’est encore un équilibre très fragile. Je reste en complète construction ». Qu’est ce qui vous arrive pour douter de la sorte ? « Comme chaque été, mes parents viennent me voir à New York et, comme à chaque fois, cela me met dans des états impossibles. Mais cette fois ci, j’ai envie de mettre à profit tout ce que j’ai appris sur moi depuis deux années et régler une bonne fois pour toute ce terrible dilemme qui me fait tant souffrir. Comment puis-je me considérer comme quelqu’un de bien et en harmonie avec moi-même alors que je me comporte avec mes parents comme une fille ingrate et hautaine ? ».

Un coach est quelqu’un de curieux. J’écoute attentivement et challenge mon interlocuteur en posant des questions qui ne font pas toujours plaisir mais qui font souvent réfléchir. Je veux comprendre pour vous aider à apprendre au lieu d’essayer de vous enseigner. « Quand je suis avec eux, je redeviens immédiatement la petite fille triste, seule et moche de la banlieue sud de Paris. Je n’ai que de très mauvais souvenirs de mon enfance, mes parents se disputaient souvent, je n’avais pas d’amis alors je me réfugiais dans mon univers et laissait le temps filer ». N’y a-t-il pas autre chose qui vous perturbe, sans avoir à revenir aussi loin dans le passé ? « Mes parents symbolisent tout ce que j’ai toujours voulu quitter, l’étroitesse d’esprit à la Française, la suspicion continuelle, les commérages de quartiers. Je me sens coupable de penser cela d’eux, ce sont des gens bien tout de même, et je ne peux pas continuer à les porter responsables de toutes mes peurs et de toutes mes craintes. Il y a prescription, c’était il y a 25 ans ! ».

Au-delà de sa culpabilité, qu’est ce qui peut bien mettre Christine dans des états pareils, qu’est ce qui la fait tant douter malgré ce qu’elle a réussi à accomplir ces six dernières années ? « Aux yeux de tous mes amis, mon histoire New Yorkaise est totalement glamour et représente la parfaite success story. J’ai joué le jeu alors qu’en réalité, mon départ aux États-Unis est aussi la fuite d’une jeune femme blessée et en colère contre le monde entier. Revoir mes parents fait ressortir le côté beaucoup moins romantique de mon aventure, et je leur en veux pour cela ! ». Christine semble soulagée. Fini de se cacher derrière de fausses excuses, même si celles-ci sont douloureuses. Elle vient de découvrir que son dilemme est avant tout entre elle et elle, et c’est là que la solution qu’elle recherche depuis longtemps s’y trouve. Ses parents ne sont que l’accessoire du drame, l’arme du crime en quelque sorte.

« Je ne veux plus me tourmenter l’esprit quand je vois mes parents, je veux me débarrasser de cette colère injustifiée envers eux ». Est-elle vraiment injustifiée ? Avoir la solution en vous ne veut pas dire nécessairement avoir la totale responsabilité du problème. « Cela fait du bien d’entendre que ma colère peut s’avérer être justifiée. Je me sens tout d’un coup plus légère et j’ai l’impression d’y voir enfin plus clair». Quelle est la prochaine étape qui vous rapprochera de votre objectif ? « Ne plus me mentir et m’accepter comme je suis. Plus je me rapproche de moi, plus je me rapproche de mon but. Jouer la victime écroulée sous le poids de la culpabilité ne me ressemble pas. Je vais leur téléphoner ce week-end, leur dire que je les aime et leur faire part de ce que je viens de vivre avec vous, de ce que j’ai découvert sur moi, sur eux, sur nous. Cela ne peut que nous rapprocher encore un peu plus ».

Être le plus près de soi, ne plus se chercher d’excuses enfouies dans le passé et décider de faire face à la réalité d’aujourd’hui, voilà quelques outils essentiels qui peuvent nous permettre de passer des obstacles qui, il y a peu, nous paraissaient insurmontables. Fin août, je reçus une carte postale de l’Empire State Building avec au verso, un grand sourire dessiné a l‘encre rouge en guise de signature. L’été a du bon, meme pour Christine.

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