Au gala du FIAF, la culture française et la pomme à 5.500 dollars

Oubliez les fastidieux dossiers de demande de subventions, les campagnes de levée de fonds, les appels aux dons. Pour financer le rayonnement de la culture française, il suffit parfois d’un bon commissaire-priseur et… d’une pomme.

Démonstration vendredi soir, au gala du FIAF (French Institute Alliance Française) au Plaza Hotel. Dans le rôle du commissaire-priseur: le moustachu Nicholas Lowry, de Swann Auction Galleries. Tous les ans, il anime la traditionnelle vente aux enchères de la soirée, pendant laquelle la salle mise sur des lots (séjours en France, séance de spa, visite des coulisses de la Tour Eiffel…) au profit du FIAF.

Rappelez-vous, c’est le moment de montrer que vous avez plus d’argent que votre voisin” , lance Lowry, comme chaque année. Et de dégainer de sa poche le premier bien: une belle pomme verte. “Ce n’est pas n’importe quel fruit, glisse-t-il, devant le public amusé. Adam et Eve ont eu beaucoup de problèmes à cause de ce fruit“. A noter que le commissaire adore ce genre de coups: les années précédentes, il avait fait la même chose avec un bouquet de roses et une bouteille d’eau.

Le fruit défendu part finalement pour 5.500 dollars, soit pas beaucoup moins que le lot “café-gourmand avec Anne Hidalgo” d’une demi-heure, vendu pour 7.000 dollars. Taquin, Nicholas Lowry a offert une deuxième pomme à l’heureux gagnant, Stephan Haimo, le président du conseil d’administration du Lycée français de New York. “Deux pour une!

Cette année encore, le gala du FIAF était complet. Pendant la soirée, la présidente de l’organisme Marie-Monique Steckel a rendu hommage au designer Marc Gobé, décédé en janvier. M. Gobé était membre du conseil d’administration du  FIAF.

Le décorateur d’intérieur Jacques Grange et le serial entrepreneur Fabrice Grinda, co-fondateur du site de petites annonces OLX, ont respectivement reçu le Trophée des Arts et le Pilier d’Or, des distinctions qui récompensent des personnalités pour leur engagement dans les relations franco-américaines.

Fabrice Grinda a fait rire la salle en racontant qu’il s’était mis au défi, plus jeune, d’inviter “10 filles par jour pendant 100 jours” en “date“. “J’ai eu 955 refus. Mais on réalise qu’on survit à ce genre de choses. Que ça ne fait pas tant de mal que ça, a-t-il lancé lors d’un discours résolument optimiste sur l’avenir. Nous devrions être heureux de vivre dans un monde aussi beau“.