Armor-Lux, la Bretagne au corps

Charles Arnett ouvre avec fierté la porte vitrée de sa petite échoppe de SoHo. Au milieu de Mulberry Street, une rue alignée de vitrines de créateurs new-yorkais à la mode et de restaurants chics, l’enseigne Armor-Lux a de quoi surprendre un Breton en vacances à New York. À l’intérieur de la boutique trônent marinières, cabans, et bottes en caoutchouc. On se croirait presque à Paimpol. “C’est l’idée, confie malicieusement Charles Arnett, le manager de la boutique. Nous essayons vraiment de retransmettre l’histoire de la Bretagne, l’esprit de la marque“, ajoute-t-il.

Charles Arnett a fondé le premier magasin Armor-Lux du continent américain avec son amie Andrea Westeland en octobre 2011. La marque bretonne a séduit ces deux Américains diplômés de la Parsons University of Design : “La Bretagne est une très belle région. Et l’héritage d’Armor-Lux est vraiment intéressant“, explique Charles Arnett. Il est tombé sous le charme de la région lors d’un voyage à La Torche (Finistère), et ce fut le coup de foudre immédiat avec Armor-Lux, cette marque de vêtements marins née à Brest en 1938. “Tout dans Armor-Lux m’a plu : l’excellente qualité, l’histoire bretonne… et le design, bien entendu”, précise-t-il. Les fameuses rayures sont la marque de fabrique d’Armor-Lux, et ont donné au duo l’idée de s’attaquer à ce secteur de la mode encore inexploité aux Etats-Unis.

Un amour pour la marinière française partagé par les New-Yorkais, qui ne se lassent pas d’acheter des exemplaires de la pièce trophée d’Armor-Lux. “Les rayures sont très à la mode en ce moment (…) Mais ce qui nous différencie des autres marques, c’est le côté historique d’Armor-Lux. Les clients aiment se rattacher à l’histoire de la marinière classique, à l’esprit français et breton“, commente Charles Arnett. En effet, comment oublier la marinière de Brigitte Bardot au festival de Cannes en 1956 ? Et celle de Jeanne Moreau dans Jules et Jim?

Nos clients viennent de partout. On a des touristes asiatiques, européens, des gens du quartier… Et de plus en plus de clients fortunés de l’Upper East Side”, explique le gérant. Pas franchement surprenant, vu le prix moyen d’une marinière classique (100$). “Lorsqu’on demande un prix élevé, on s’attache à transmettre l’histoire du vêtement, à expliquer tout le soin qui a été pris pour le confectionner”, justifie Charles Arnett.

Le magasin de Mulberry Street a rencontré un grand succès depuis son ouverture, et “toute l’équipe française d’Armor-Lux est ravie du résultat“, précise le manager. Andrea Westeland et Charles Arnett savent aussi jouer avec élégance de leur commerce franco-américain:  c’est leur boutique qui a fourni les uniformes des serveurs de la Maison Kayser, la boulangerie parisienne de renom qui vient d’ouvrir ses portes à New York.

Les deux gérants espèrent ouvrir un autre magasin prochainement, mais leur priorité est de s’assurer que celui de New York fonctionne avant : “Si tout se passe bien, on ouvrira peut-être un magasin à Venice, en Californie“. Les locaux sont prévenus.

Infos pratiques :

Armor-Lux. 232 Mulberry St et Spring St, SoHo, (917) 261-5567.

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