Américains vs Français : qui sont les plus écolos ?

Les Américains ont la mauvaise réputation d’être de vilains pollueurs. Aux Etats-Unis, qui figurent sur la liste des plus gros émetteurs de dioxyde de carbone (CO2) au monde, les lois environnementales ne sont d’ailleurs pas populaires.

En 2014, Barack Obama avait affiché son intention de réduire l’empreinte carbone du pays, et ainsi déclenché la colère d’une partie de la population plus soucieuse de l’impact de telles mesures sur l’économie américaine que de l’environnement. Verts de rage, ces frondeurs s’étaient alors mis en scène sur Internet au volant de voitures aux moteurs trafiqués qu’ils faisaient démarrer dans un nuage noir de fumée. Une pratique contestataire appelée « rollin’ coal » ou « pollution porn ».

Mais au-delà de cette anecdote, les Américains sont-ils vraiment moins écolos que les Français ? French morning passe au crible leurs habitudes et les nôtres.

Sacs plastique: Allez, un point pour la France

The enclosure of the Entressen rubbish dump, near Marseille, southern France, on November 25, 2004, failed to hold back the plastic bags and papers outside the closed field. This rubbish dump is a cause of dissension between ecologists and the local administration. Photo by Gerald Holubowicz/ABACA.
Gerald Holubowicz/ABACA.

Alors qu’en France, les sacs plastique à usage unique ont officiellement été bannis des supermarchés, boulangeries, pharmacies ou encore épiceries depuis le 1er juillet, les Etats-Unis, eux, continuent à y avoir largement recours, du moins sur la majeure partie du territoire. Car ce genre de décisions est pris au niveau fédéré. De quoi créer de grandes différences d’un Etat à l’autre.

Dans la ville de New York, le sac plastique, ce produit fabriqué à partir de pétrole qui peut rester plusieurs centaines d’années dans la nature avant de se décomposer, est omniprésent dans les supermarchés. Il n’est pas rare de voir votre jus d’orange mis non pas dans un mais deux sacs plastique. Après des années de débats, la Grosse Pomme, ville américaine la plus peuplée, va finalement interdire leur distribution gratuite à partir du 1er octobre 2016, date à laquelle le sac plastique coûtera 5 cents.

A Washington DC ou dans l’Etat de Californie (très en pointe sur les questions environnementales), cette mesure, censée être dissuasive, a déjà été mise en place. En tout, plus de 150 municipalités américaines ont déjà opté pour le sac payant.

Bouteilles d’eau en plastique: Point pour les Etats-Unis

The Occupy DC Christmas tree made of plastic bottles and plastic bags is on display at Freedom Plazza December 5, 2011 in Washington, DC. Photo by Olivier Douliery/ABACAUSA.com
Olivier Douliery/ABACAUSA.com

Toujours du plastique mais en bouteille cette fois. En 2013, la ville de Concord, dans le Massachusetts, est devenue la première ville des Etats-Unis à interdire la vente de bouteilles en plastique de moins d’un litre, pour des raisons environnementales, sous peine d’une amende de 50 dollars. Deux ans plus tard, San Francisco a proscrit à son tour la vente de cet objet dans les lieux publics.

En France, il n’existe rien de la sorte.

Tri des déchets: Léger avantage pour la France

A squirrel found an entire fast food meal in a trash can in Woodland Park in Lexington, Kentucky, Thursday, February 17, 2011. The squirrel climbed inside the can and came out with the remains of a fish sandwich. (Charles Bertram/Lexington Herald-Leader/MCT)
(Charles Bertram/Lexington Herald-Leader/MCT)

Poubelle jaune, poubelle verte, compostage… Qui dit tri des ordures bien fait, dit taux de recyclage élevé.

Aux Etats-Unis, où un quart des habitants manquent d’accès à des containers destinés au tri des déchets, les citoyens ont recyclé 34,3 % de leurs déchets en 2013, selon l’Agence de protection environnementale américaine. Un chiffre qui ne comprend pas les déchets des entreprises.

En comparaison, en 2014, les Français – qui, pour la moitié, ne trient pas leurs poubelles de manière systématique – ont recyclé 39,2 % de leurs déchets municipaux (donc, là encore, hors industries), selon Eurostat.

Voitures électriques: En voiture (électrique) Simone, et nouveau point pour la France

An electrically powered Tesla model S 85D charges on a charging pillar in Wilkau-Hasslau, Germany, 27 June 2016. Photo: Jan Woitas/dpa
Photo: Jan Woitas/dpa

En France, depuis le printemps 2015, le propriétaire d’une vieille voiture diesel peut bénéficier d’un « superbonus » de 10.000 euros du gouvernement s’il se décide à troquer son véhicule contre une automobile électrique. De quoi séduire les Français : cette même année, les ventes ont été stimulées et elles ont frôlé les 1 % du marché automobile. Soit une augmentation de 64 % par rapport à 2014.

Aux Etats-Unis, bien que des aides gouvernementales et des crédits d’impôts soient également mis en place pour l’achat de voitures électriques, les ventes de ces automobiles non polluantes ne décollent pas. En 2015, elles n’ont représenté que 0,66 % de part du marché, soit une baisse de 8 % par rapport à 2014.

Panneaux solaires: Egalité, encore

panels
Abaca

Transformer les rayons du soleil en énergie, l’idée a mis du temps à germer dans les consciences françaises et américaines. Mais grâce, là encore, à des subventions des Etats, les panneaux photovoltaïques s’installent de plus en plus sur les toits des maisons. Quelque 400.000 maisons américaines étaient équipées de panneaux solaires en 2013 et ce chiffre pourrait friser les 3,8 millions d’ici à 2020 selon des experts (sur près de 125 millions de logements sur l’ensemble du territoire).

En France, 350.000 maisons (sur environ 34 millions de logements) sont déjà équipées de panneaux solaires, un chiffre là aussi en hausse. 

Conclusion : les Français apparaissent légèrement en tête, mais pour combien de temps ?