Alsim, fabricant français de simulateurs de vols, atterrit à Austin

Concepteur et fabricant de simulateurs de vols pour la formation de pilotes professionnels, Alsim est une société française installée près de Nantes avec près de 200 clients dans 48 pays. Fondée par deux amis il y a 23 ans, l’un ancien pilote de ligne d’Air France et l’autre ingénieur informatique, la société conçoit des simulateurs qui permettent aux futurs pilotes de se former au maniement d’appareils tels que l’Airbus 320 ou le Boeing 737. « La philosophie d’Alsim est de proposer des simulateurs pour la formation à tous types d’appareils, jusqu’à la spécialisation des pilotes », explique Mike Tonkin, responsable du développement commercial.

Jusqu’à présent, la société a vendu plus de 300 simulateurs dans le monde « tous certifiés par l’EASA et la FAA », les organismes européens et américains d’administration de l’aviation. Mais avec un objectif d’une trentaine de simulateurs cette année, contre quinze normalement, la société est en pleine expansion. Son chiffre d’affaires de 5M€ en 2016 devrait passer à 7M€ en 2017 et ses effectifs de 35 personnes (dont cinq aux Etats-Unis) s’accroître de plus de dix personnes d’ici à la mi-2018.

Et cela n’est probablement qu’un début. Alsim vient en effet d’ouvrir un bureau aux Etats-Unis (à Austin) pour se rapprocher de ses clients existants et bénéficier de nouvelles opportunités commerciales liées au changement de la réglementation américaine. « Ce n’était pas un marché pour nous à l’origine à cause des heures de formation en simulateurs allouées par la FAA » qui privilégiait la formation en appareils à 85%. A partir de cette année, en effet, le nombre d’heures de formation en simulateurs a été relevé et, comme ce genre de formation est moins chère qu’en appareil, la demande est en forte croissance. « Cela semblait être le timing idéal » car Alsim vient de lancer son nouveau simulateur, le AL250, qui répond aux caractéristiques des classes d’avions américaines. « A $185 000 pièce, le prix est aussi particulièrement attractif», fait valoir Mike Tonkin.

Le choix s’est porté sur Austin pour trois raisons. «  D’une part, cela s’est fait par l’intermédiaire de Liz Wiley et du jumelage de la ville avec Angers. D’autre part, à cause de la météo, il y a beaucoup d’écoles d’aviation au Texas. Enfin, c’est une ville technologique où il sera facile de recruter des ingénieurs et de trouver des partenaires. »

 « L’enjeu principal est de se faire connaitre auprès des universités et écoles de pilotes car notre produit se vend tout seul ». Le marché est très porteur en raison de la pénurie de pilotes aux Etats-Unis liée à l’ouverture constante de nouvelles lignes et au départ à la retraite de beaucoup d’entre eux. Des universités et écoles de formation comme Embry-Riddle en Floride ou Liberty University en Virginie peuvent compter jusqu’à 4.000 élèves en formation et des flottes de plus de 60 simulateurs.

Dans cette optique, Alsim vient de participer pour la première fois au EAA Airventure Oshkosh dans le Wisconsin, l’un des plus grands salons aériens du pays. Elle est prête pour le décollage.