Présidentielle: Allons Voter !, le collectif qui aide les expatriés à voter

(Credit : Klervi Drouglazet)

Lors du premier tour de la présidentielle de 2012, près de 70% des Français des États-Unis n’ont pas voté. « Début mars, on a eu un sentiment d’urgence. Entre ce qu’il se passe ici avec Trump et ce taux d’abstention aberrant, on s’est demandé ce que l’on pouvait faire, retrace Mathilde Cohen Solal, expatriée depuis deux ans à San Francisco. En une semaine, notre collectif est passé de trois à trente, et encore aujourd’hui, on nous contacte pour nous proposer de l’aide. »

Le site internet Allons Voter ! a été lancé le 24 mars. Derrière cette initiative, des développeurs (tous de San Francisco), des marketing manager, des avocats, des designers, expatriés aux États-Unis en grande majorité et réunis autour d’une volonté commune :  « aider les électeurs à pouvoir voter quel que soit leur vote », explique la jeune femme de 29 ans qui rappelle que « chaque voix compte ».

Un collectif non-partisan

Mathilde Cohen Solal précise que le collectif est non-partisan. « Je ne sais même pas pour qui les autres membres du collectif vont voter. Notre action est purement citoyenne ». Le but d’Allons Voter ! est de « parler aux expatriés français du monde entier ». En amont de l’initiative, l’équipe de bénévoles a cherché à identifier les raisons de cette forte abstention. « On a ouvert un groupe sur Slack et on a essayé de comprendre nous-mêmes les problèmes auxquels sont confrontés les Français de l’étranger. »

L’employée de Google énumère trois raisons majeures à l’abstention. À commencer par le sentiment de distance avec la France – « pourtant il y a plein de sujets qui peuvent les concerner comme le débat sur la binationalité ». Le flou artistique: « 90 % des gens sont inscrits quelque part mais ne savent pas où ». Et la complexité des sites institutionnels: « pour beaucoup, c’est trop compliqué de faire une procuration », selon elle.

Sur la première page du site, une seule question: « êtes-vous inscrit sur une liste électorale ? ». En fonction de sa réponse, l’expatrié désireux de voter n’a plus qu’à se laisser guider. Le collectif a même pris le soin de spécifier les horaires d’ouverture de vingt-cinq consulats à travers le monde. Si vous êtes encore inscrit sur une liste électorale française, donner procuration à quelqu’un en France depuis les États-Unis peut être fait « jusqu’à la veille du scrutin et même pendant la semaine de l’entre-deux-tours, rappelle Mathilde Cohen Solal. Il faut juste aller au consulat, remplir un formulaire, ça prend deux secondes… ».