L’Alliance française de Miami liquidée

L’Alliance française de Miami a commencé l’année en bien mauvaise posture : son site internet est inaccessible et son numéro de téléphone n’est plus en service, suscitant l’incompréhension des personnes y suivant des cours de français.

Il n’y a qu’à lire les messages étonnés et inquiets se succédant sur la page Facebook de l’association : « Est-ce que quelqu’un sait si l’Alliance a fermé ou si elle est simplement en vacances ? », « Pourquoi le site ne fonctionne pas ? », « Y a-t-il des projets de réouverture à plus petite échelle ? », « Je suis à la recherche de votre prochain test »…

Endettée à hauteur de plus de trois millions et demi de dollars, l’Alliance a dû quitter ses locaux de Little Havana dans le cadre d’une procédure de foreclosure. C’est la triste conclusion d’un investissement ambitieux décidé au mauvais moment, juste avant l’éclatement de la crise immobilière. Mais ce n’est pas la fin des problèmes financiers de l’organisation, qui traînerait encore plusieurs centaines de milliers de dollars de dettes. Même si la liquidation de l’association a officiellement été prononcée par le tribunal des banqueroutes du Sud de la Floride le 28 janvier dernier, les recours judiciaires intentés par les débiteurs de l’Alliance se poursuivent.

Relocalisation de la délégation des Alliances françaises aux Etats-Unis

Avec ce bilan, les fonctions de directeur de Jean-François Chenin, qui était aussi le délégué de la fondation Alliance française aux Etats-Unis, n’ont pas été renouvelées. Comme pour tous les fonctionnaires de l’Etat français nommés pour un temps à l’étranger, « son départ était de toute façon programmé dans le cadre des relèves régulières », signale Arnaud Guillois, le porte-parole de l’ambassade de France à Washington.

« Une réflexion est en cours sur le devenir de la délégation, poursuit le conseiller de presse. La décision doit être prise par la fondation Alliance française à Paris, en lien avec le Quai d’Orsay ». Les discussions s’orienteraient vers une relocalisation à New York ou Washington.

Un plan de continuation

Le règlement de la question du rattachement géographique de la délégation Alliance française aux Etats-Unis ne répond pas aux besoins de cours de français se manifestant sur la page Facebook de feu l’Alliance française de Miami et par de multiples coups de fil au service culturel du consulat de France à Miami. Le plan de « réorganisation » ébauché dans le cadre du redressement judiciaire initialement envisagé (dans le cadre de la procédure de bankruptcy décrite au chapitre onze du code de la banqueroute américain) proposait d’assurer les cours dans des locaux de Coral Gables prêtés par l’équivalent italien de l’Alliance française : la Società Dante Alighieri.

C’est bien cette solution qui va permettre de relancer des cours de français à partir du 26 février au 300 Aragon Avenue. Mais impossible pour l’Alliance de réapparaître sous un autre nom pour assurer elle-même les cours : c’est bien l’institut italien qui prend les inscriptions et emploiera les rares professeurs de l’Alliance ayant accepté d’enseigner dans ce cadre, malgré les salaires impayés.

Le président de l’Alliance française élu au mois de décembre, Jean-Paul Guis, n’a pas donné suite à la demande d’interview de French Morning. Et il est bien difficile pour l’ensemble des acteurs suivant le dossier de dire quand et comment l’Alliance française de Miami pourrait être relancée. Ce qui est sûr, c’est que le réseau mondial de promotion de la langue et de la culture françaises réuni au sein de la Fondation Alliance française a perdu un membre important. « La présence de ce chapitre au sein de notre réseau constitu[ait] un apport important aux 115 autres associations locales et nous soutenons sa restructuration en espérant que ces efforts seront couronnés de succès », a ainsi commenté la présidente de la fédération des Alliances françaises états-uniennes, Mimi Gregory, dans un e-mail.