Aircall lève 29 millions de dollars dans une “ambiance bande de potes”

« Dans le monde du travail aujourd’hui, on peut quasiment tout faire sur un ordi. Il n’y a que la téléphonie qui n’avait jamais été adressée et qui fonctionnait encore avec des lignes anciennes ». Le constat est fait par Olivier Pailhès, PDG et co-fondateur de la startup Aircall, basée à New York et à Paris. Pour ce Français de 40 ans – l’un des plus âgés de l’entreprise dont la moyenne d’âge est de 25 ans, note-t-il – pas de relâche.

A peine revenu à New York après un bref séjour parisien, l’entrepreneur sur piles s’apprête à présenter les objectifs à son conseil d’administration, après avoir annoncé une levée de fonds de 29 millions de dollars menée par Draper Esprit, NextWorld Capital, Balderton Capital et eFounders.

Aircall est née en été 2014 à San Francisco, avant de lancer un premier produit en juin 2015 et de déménager à New York pour se « rapprocher » de Paris, raconte Olivier Pailhès. Le concept ? « Nous voulions créer un système de téléphonie qui permette de communiquer avec toutes les applications que l’on a généralement à disposition dans l’entreprise, comme Slack, Salesforce, Zendesk ou Pipedrive », résume le co-fondateur dans l’openspace chaleureux de l’entreprise, niché dans le quartier de Flatiron à New York.

« En général, la téléphonie est gérée par l’IT dans l’entreprise. Nous, nous proposons un système intégré aux outils SaaS [pour Software as a Service qui désigne des logiciels externalisés, ndlr] et qui ne nécessite que cinq minutes d’installation », poursuit-il. Concrètement, un appel passé via Aircall permet de retracer l’historique d’un contact ou d’une conversation. Olivier Pailhès illustre : « Si vous m’appelez, je vais tout de suite savoir qui vous êtes, qui vous a parlé avant moi au sein de l’entreprise… On connecte l’info. »

A l’heure actuelle, Aircall revendique 3.000 clients, « principalement des PME », dont un tiers aux Etats-Unis représentant 30% de son chiffre d’affaires, précise l’entrepreneur. « Pour des entreprises de moins de trois personnes, ça ne sert à rien de développer un système de téléphonie. Et si l’entreprise compte 2.000 salariés, elle préférera sans doute un système plus lourd. Nos clients comptent en général entre 50 et 500 personnes. Uber, par exemple, utilise nos services ville par ville, pour une cinquantaine de salariés dans chacune », ajoute-t-il.

Avec ce nouveau tour de table, la start-up compte passer de 20 salariés à New York et 60 à Paris (où sont basées les équipes techniques) à 180 au total, dont 60 à New York, précise Olivier Pailhès, qui compte toutefois préserver « l’ambiance de bande de potes » au sein de la start-up. « Nous voulons travailler sur l’intégration aux outils SaaS en développant des partenariats. Nous en avons une vingtaine pour le moment avec des softwares comme Slack ou Salesforce. Nous voudrions en développer 100 d’ici l’année prochaine, lance le patron. Notre but à terme, ça serait d’être intégrés à Gmail ».