Aaron Elbaz, de l’horlogerie à Paris aux macarons chez Macy’s

Infos pratiques

 

Made by Pauline

Macy's, rez-de-chaussée près de la joaillerie fine

151 W 34th Street

Le site

On ne veut pas vous encourager à vous plaindre. Mais parfois, cela a du bon. La preuve avec Aaron Elbaz.

Ce Parisien qui travaillait à Bagatelle avait pris l’habitude de manger tous les jours là-bas. Mais une fois parti du restaurant français du Meatpacking, il s’est mis à “râler tout le temps” car ses repas avaient perdu en qualité. Son épouse Polina, qui avait suivi une formation de préparation de macarons en France, a donc décidé de lui faire une surprise. “Elle m’a dit: vu que tu râles, je t’ai fait des macarons. J’ai goûté alors que je n’étais pas très macarons. Ils étaient excellents. Je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire” .

Avance rapide jusqu’à septembre 2016: le couple vient d’ouvrir “Made by Pauline” au rez-de-chaussée du Macy’s de Herald Square. Un emplacement de rêve dans “le plus grand magasin au monde” , se plait à rappeler le Français.

“Made by Pauline”, c’est avant tout l’histoire d’une reconversion pour ce couple franco-russe. Avant le macaron, elle était “brand director” dans un grand groupe russe. Lui était horloger. Un métier qu’il a exercé dans le Marais jusqu’à son troisième braquage. “Les deux premiers étaient le fait de pros. Le troisième, j’avais un fusil à la tête. La personne qui le tenait avait peur. Je sentais qu’il aurait pu me faire péter la cervelle si un pot d’échappement un peu bruyant le faisait sursauter. 

En 2004, il décide donc de fermer son commerce rue des Francs-Bourgeois et de partir à New York, où vit un cousin. Ici, il vent des montres, puis découvre l’univers de la nuit comme serveur chez Bagatelle. En 2011, il ouvre Gunbar, un lounge dont se souviennent encore les habitués du Meatpacking. L’aventure ne dure qu’un an. Et il sent que le moment est venu de tourner la page. “On faisait la fête tous les soirs. Je commençais à vieillir. Je me suis dit que j’allais faire autre chose” .

“Autre chose” , c’est l’ouverture de quatre points de vente de macarons dans des stations de métro de Brooklyn et Manhattan. Voyant la sauce prendre, ils décident d’ouvrir une cuisine industrielle pour se consacrer à la distribution. En janvier 2015, ils sont contactés par Lancôme pour produire “10.000 macarons en deux jours” pour les besoins d’une vitrine dans le grand hall de Macy’s. Les petits gâteaux colorés s’arrachent. Littéralement. “Ils étaient collés au support, mais ça n’a pas empêché les gens de les prendre!” Si bien que Patti Lee, manager du magasin mythique de la 34eme rue, décrète que l’enseigne a besoin de macarons.

Depuis quelques semaines, “Made by Pauline” propose donc une douzaine de types de macarons (amande, rose, fruit de la passion, caramel salé…) et des thés Kusmi aux clients qui se dirigent vers l’espace joaillerie fine. Pour l’heure, le Français et sa femme – “la vraie patronne” de l’affaire – sont les seuls derrière le comptoir, mais ils prévoient de recruter. “Le déroulement logique, c’est d’en ouvrir dans d’autres Macy’s” , raconte Aaron Elbaz. Qui se plaint maintenant de manger trop de macarons.

 

 

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Macy's, rez-de-chaussée près de la joaillerie fine

151 W 34th Street

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