À travers son film, Flore Vasseur ramène Snowden sur le sol américain

Flore Vasseur, realisatrice du documentaire Meeting Snowden. (Credit : Youtube TEDxVaugirardRoad)

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« Une poète, un juriste et un geek entrent dans un bar… et ils se demandent : pourquoi continuer à croire en la démocratie ? » Flore Vasseur n’aurait « pas pu dire mieux » que cette phrase de Larry Lessig pour résumer son documentaire, sélectionné parmi les soixante films du festival du documentaire des Nations Unies (UNAFF) qui s’est déroulé du 19 au 29 octobre dans la Baie de San Francisco.

C’était la première projection sur le sol américain de ce documentaire qui rassemble trois protagonistes: la poète, Birgitta Jonsdottir, est fondatrice du Parti pirate islandais et ex-collaboratrice de WikiLeaks; le juriste, Larry Lessig, est professeur de droit à Harvard et auteur du célèbre Code is law (Le code fait loi); et le geek, c’est bien évidemment Edward Snowden, ex-employé de la NSA, exilé en Russie depuis l’été 2013, après avoir révélé le système de surveillance de masse américain.

Flore Vasseur est parvenue à réunir ces trois activistes à Moscou, deux heures durant, le 19 décembre 2016 – jour de la validation de la victoire de Donald Trump par le collège électoral -, pour parler démocratie. « Ma maman de 75 ans n’a pas pu rentrer aux États-Unis parce qu’elle est allée en voyage en Iran il y un an. Par contre, j’ai pu faire un film sur la démocratie en Russie. On en est là… Ce monde est complètement fou », dénonce la documentariste française.

« Donner au film une audience nationale »

Il y a seize ans, Flore Vasseur habitait New York. « J’avais une trajectoire de bonne petite fille qui fonctionne bien dans le capitalisme actuel : grande école de commerce, entrepreneur à 24 ans… » Quand elle assiste au 11-Septembre, elle n’a pas eu peur, elle a eu « honte ». « Pourquoi on nous envoie des bombes ? Qu’est ce qu’il y a dans notre système de profondément obscène ? Comment le libéralisme s’accommode des principes démocratiques pour finalement complètement les écraser ». Depuis, à travers ses livres et ses nombreuses chroniques dans la presse, elle esquisse des réponses.

Derrière la caméra de “Meeting Snowden”, elle a refusé de se positionner en journaliste. « Je me suis mise dans la position d’une réalisatrice de documentaire animalier. Je leur ai juste dit on parle de démocratie et j’ai filmé », explique-t-elle en précisant qu’elle voulait interviewer Edward Snowden et pas un autre. C’est par l’intermédiaire des avocats du lanceur d’alerte qu’elle est entrée en contact avec lui. « Il est comme dans le film, incroyablement humble, intelligent et courageux, même hors caméra ».

Si elle est venue présenter son film à San Francisco, Flore Vasseur « ne vénère pas pour autant ce que représente la Silicon Valley »  mais admet qu’il est important de venir ici car « il s’agit de l’un des centres de pouvoir le plus importants aujourd’hui ».

En parallèle de l’UNAFF, “Meeting Snowden” a été projeté à Google et à l’espace de co-working Parisoma. « Les séances de Q&A déclenchent des discussions que nous n’avons plus, font circuler la parole et prendre du recul sur ce que nous sommes en train de faire »,  se réjouit Flore Vasseur qui souhaite vivement « trouver un distributeur aux USA pour donner au film une audience nationale, le placer sur une plateforme et organiser d’autres projections-débats ». En attendant, son équipe s’en remet au bon vouloir des curieux en demandant à qui le souhaite d’organiser des projections chez eux (voir encadré). 

 

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