A SXSW, la French Tech fait son pitch entre croissants et barbecue

Etait-ce un effet des croissants, pains au chocolat et du café offert aux participants ?

La salle au rez-de-chaussée du bâtiment des services culturels de la Ville d’Austin réservée pour le “French Tech Café” organisé par le French American Business Council of Austin (Fabca) dans le cadre du volet interactif du festival South by Southwest affichait plus que complet. La moitié du public a dû rester debout, et beaucoup devaient se tenir près de la porte.

Ce petit-déjeuner-café donnait le coup d’envoi d’une journée “French Tech”, mardi, à SxSW. Quatre rendez-vous, dont un “French Tech Lunch”, avec musique live, networking, pitches et (bien entendu) un barbecue, étaient organisés pour permettre à une quinzaine de jeunes pousses (dont Devialet, Happn, Wynd, BandsInTown…) de se faire connaitre. La France avait a coeur de s’afficher, dans la lignée de sa présence importante au salon CES de Las Vegas en janvier.

Au “French Tech Café”, des acteurs de la scène tech d’Austin en plein essor venus rencontrer des start up françaises épaulées par l’Etat via Business France, l’organisme de promotion économique. Une rencontre aux allures de choc culturel. Côté français, des représentants d’organismes publics ou soutenus par les pouvoirs publics (NumaConseil national du numérique…) avaient fait le déplacement. Côté austinite, étaient présents les trois accélérateurs actifs à l’international (Capital Factory et Tech Ranch et l’International Accelerator), tous privés, et une responsable de la chambre de commerce. Ainsi qu’un créateur d’entreprise innovante d’origine française, Thierry Daupin, qui a témoigné de la façon dont les Silicon Hills texanes ont « complètement changé (sa) vie en un an ».

France ou Japon, c’est la même chose

Quand on demande aux “locaux” pourquoi les Français les intéressent, ils rétorquent que toutes les innovations sont intéressantes pour Austin “qu’elles soient de France ou du Japon“. “Chaque système a ses avantages et ses inconvénients. Aux Etats-Unis, on a la culture de l’entrepreneuriat, car le système est limité à l’essentiel. Et il faut perpétuellement attirer l’attention à soi, ce qui fait que les créateurs d’entreprises n’ont pas peur de prendre des risques. Le soutien des pouvoirs publics peut être une force, mais dans mon expérience américaine, le gouvernement n’est pas en mesure de penser de façon suffisamment innovante pour construire des ponts entre les mondes”  commente Ali Syed, coordinateur du développement international de Capital Factory.

« Même si les Américains adorent la France, il n’y a pas encore suffisamment de technologies qui nous arrivent de France pour qu’ils prennent conscience du potentiel français » estime Eric Venditti, un responsable français de conception de systèmes sur puce pour Intel à Austin.

Mais si la France a encore des progrès à faire pour se vendre, les startups françaises semblaient, elles, ravies de leur passage à South by Southwest, à l’image de Klaxoon, l’inventrice d’une box favorisant l’interactivité au sein des groupes. Au dernier jour du volet interactif du festival, elle est entrée en contact avec deux investisseurs potentiels par l’intermédiaire du French American Business Council d’Austin. Son principal objectif dans le cadre du festival était d’accroître sa notoriété en amont de son développement en Amérique du Nord, où la jeune entreprise est pour l’instant présente par le biais de ses clients français L’Oréal, Thalès et Schneider Electric, (ce qu’elle a aussi fait, à grand renfort de coups de klaxon manuels).

« Par rapport aux deux années précédentes, on a eu beaucoup de passage sur le pavillon français », se félicite Mathilde Noir, cheffe de projet Innovation numérique à Business France. Un succès que la spécialiste de l’export attribue notamment à un tri drastique des candidatures de startups désireuses de se montrer à South by Southwest.