A Los Angeles, un accélérateur pour start-ups françaises

Des accélérateurs de start-ups aux Etats-Unis, il en existe des centaines. Des accélérateurs qui ciblent spécifiquement les entreprises françaises, il en existe une poignée. Mais aucun n’était basé à Los Angeles, et c’est sur ce créneau que se positionne le French Accelerator, une structure lancée par le Français Laurent Ruben.

Sa mission : accompagner, avec des services de consulting et d’incubation, des start-ups françaises qui souhaitent se développer sur le marché américain. Les aider à dégotter leur premiers clients, à bâtir leur réseau, à adapter leur produit au marché, lever des fonds… Voire trouver une “exit”. Dans un second temps, le French Accelerator souhaite aussi investir dans des entreprises.

Pour monter cette structure à Los Angeles, Laurent Ruben s’est entouré de cinq associés (dont deux banquiers d’affaires), et a mis sur pied un réseau d’une vingtaine de consultants, juristes, comptables et experts.

La structure, qui dispose aussi d’un bureau à Paris, entend viser les start-ups déjà bien établies, celles “du middle market, qui sont sur le point de lever leur series A ou qui vont vers leur series B”, explique Laurent Ruben. Une étape difficile à passer en France, et au cours de laquelle l’internationalisation est critique. Deux entreprises sont déjà dans le giron du French Accelerator : oOlala, une application de rencontres créée par Guillaume Zarka, et appyReward, un logiciel qui permet à des entreprises de récompenser leurs salariés.

Laurent Ruben aimerait pouvoir faire venir douze entreprises françaises par an, en misant sur son offre et sur l’attractivité de sa ville. “Je crois que Los Angeles est aujourd’hui la meilleure ville pour implanter une boite française aux US”, assure ce bon connaisseur de la Silicon Beach. Avant de monter French Accelerator, ce Français de 41 ans travaillait à Los Angeles comme directeur général de Genymobile, une start-up française qui a levé 7,7 millions de dollars en 2015 et dont la valorisation dépasse les 50 millions de dollars. A Los Angeles, où il vit depuis 2011, il a aussi été l’un des dirigeants de Nero, une société de logiciels, et a aussi travaillé plusieurs années dans la Silicon Valley.

“Los Angeles, c’est une ville importante pour les technologies. Tinder, Snapchat ou SpaceX y ont leur siège. Il y a 11.000 ingénieurs qui sortent chaque année des universités de la ville, et ils sont beaucoup moins chers que la Silicon Valley, où il y a une vraie pénurie”, commente Laurent Ruben, jamais à court de chiffres : “rien qu’à L.A, on compte 500 VC, et on est à une heure d’avion de la Silicon Valley.”

Laurent Ruben pense aussi que Los Angeles peut aussi intéresser les entreprises françaises à cause de son life-style et du coût de la vie plus raisonable qu’à New York ou San Francisco. “A L.A, on peut trouver une maison à louer pour 2.000 dollars par mois, quand tu n’as même pas un studio pour ce prix à San Francisco.” De quoi démarrer son business plus sereinement. Et pas loin de la plage.