A New York, la French Tech tiraillée entre France et Etats-Unis

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Promouvoir la France en tant que destination économique, mais encourager tous ces Français qui ont fait le choix de lancer leur start-up aux Etats-Unis. C’est l’équilibre délicat de la French Touch Conference, grand-messe française qui a lieu mercredi 24 et jeudi 25 juin à l’Axa Center, à New York.

Axelle Lemaire (ci-dessous), secrétaire d’Etat chargée du Numérique, y a annoncé le lancement de la plateforme du French Tech Ticket, avec différentes offres et services pour des start-ups étrangères qui voudraient s’implanter en France (bureaux, facilité pour les démarches d’immigration, aide de 12.500 euros etc.).

Vendre la France

« Mon but, c’est de promouvoir l’attractivité du pays, a-t-elle déclaré. Je rentre de San Francisco. Il reste encore un certain travail, mais il y a un vrai intérêt pour la France, qui avait disparu. La France est prise avec beaucoup plus de sérieux, de crédibilité », a dit la Secrétaire d’état, qui citait le récent investissement de Fred Wilson, rock star dans le monde des VC américains, dans La Ruche Qui Dit Oui. L’une des forces de la France, selon Axelle Lemaire, serait d’ailleurs la puissance de sa sharing economy. « C’est un atout au niveau international et le gouvernement veut s’appuyer là-dessus. »

axelle lemaire

 Pour Axelle Lemaire, cette conférence doit aussi permettre à des VC américains de construire des réseaux avec des entrepreneurs français, pour « développer des échanges futurs » et avoir le déclic qui va permettre l’investissement.

Peu d’Américains dans le public

Cependant, dans le public de la French Touch Conference, elle a trouvé peu d’Américains pour l’entendre. L’écrasante majorité du public parlait la langue de Molière. 

Autour du buffet ou dans les couloirs, on croisait avant tout des entrepreneurs français basés à New York, ou des Français songeant à l’expatriation, comme Olivier Chouraki, fondateur de la start-up d’adtech Madgic. « Cela aurait du sens pour moi de venir aux US, car nous y faisons déjà une bonne partie de notre chiffre d’affaires. Je réfléchis donc à venir, même s’il y a de nombreux obstacles, en particulier celui de faire venir ma famille », dit-il.

« Depuis deux ans, de plus en plus de start-ups françaises se font aspirer par les US, et les accélérateurs comme TechStars et Y Combinator sont des machines à américaniser les start-ups étrangères », constate Nicolas Celier, un VC français de chez Alven Capital, qui va lancer prochainement son propre fonds.

“Nous n’investissons pas en France”

« Avant, quand on voyait des boites prometteuses, on leur disait de commencer leur internationalisation par le Royaume-Uni et l’Allemagne. Maintenant, on leur dit de venir directement aux US, et assez vite. Il faut aller aux Etats-Unis, l’écosystème y est bien supérieur à celui que l’on trouve en Europe, et quand on a un bon service, il peut se diffuser très vite ».

Eric Hippeau, l’un des investisseurs français les plus connus à New York, ne semblait pas non plus nostalgique de la France. « Nous n’investissons pas en France, les structures juridiques et administratives sont trop compliquées, nous aimons les choses simples », a-t-il lancé lors d’un panel, tout en faisant la promotion de l’écosystème new-yorkais pour créer une entreprise.

Mais si la tendance est à la fuite vers les Etats-Unis, Frédéric Mazella, patron de BlabaCar, nageait à contresens. Il a rappelé qu’il n’avait pas pour le moment l’objectif de s’y implanter : avec le faible coût de l’essence et l’étendue des villes, il n’y a pas assez d’incitation, pour les Américains, à partager sa voiture.

mazella

Il a aussi évoqué #Reviens Léon, son initiative lancée il y a un mois, qui vise à aider des ingénieurs expatriés qui souhaiteraient revenir en France, vantant le nouveau dynamisme des start-ups françaises, l’éducation des enfants et les frais de santé peu chers et de qualité.

« Je ne suis pas dans une logique de dire que c’est mieux en France, mais il ne faut pas croire qu’il n’y a rien en France, dit-il. Beaucoup de gens, aux Etats-Unis, ne se sont pas rendus compte du changement qu’il y a eu au cours de ces dernières années ».

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