“50 Shades”, le roman coquin qui dévergonde les Américaines

« 50 Shades a changé ma vie. Lyss, New-Yorkaise d’une quarantaine d’années est transformée. La fondatrice du site DivaMoms dédié aux mamans chics de l’Upper East side ne pensait pas que sa vie sexuelle serait bouleversée… par un livre. Ce roman m’a rappelé que je n’étais pas qu’une mère de famille, que j’avais des fantasmes et que je ne devais pas en avoir honte. J’ai eu de nouveau envie d’être désirable ».

Et elle n’est pas la seule.Car 50 Shades a conquis l’Amérique. 50 Shades of Grey, suivi de 50 Shades Darker et 50 Shades Freed, est une trilogie de 1.200 pages écrite par Erika Leonard James, auteur britannique fanatique de Twilight ayant voulu proposer une version plus adulte et coquine de cette amourette entre adolescents. Anastasia Steele, étudiante de 21 ans, vierge, y rencontre Christian Grey, bellâtre milliardaire de 28 ans. Grey ne jure que par le sadomasochisme. Il propose à Ana un contrat posant les bases d’une relation sadomaso se déroulant essentiellement dans une salle de jeu peinte en rouge, où il use de tous les accessoires possibles et imaginables.

D’abord publié sur Internet au printemps 2011, ce roman grivois d’une qualité pourtant douteuse conquiert rapidement quelques blogueuses. Le bouche-à-oreille se met en marche. Un an plus tard, 50 Shades est en tête de la liste des best-sellers établie par le New York Times et les studios Universal prévoient d’adapter le roman à l’écran. « C’est un ouvrage grand public et populaire. Il permet à des femmes qui n’ont pas l’habitude d’aborder ouvertement leur sexualité d’assumer et de parler de leurs fantasmes. Elles osent acheter l’ouvrage comme un homme achèterait Penthouse ou Playboy au kiosque du coin. C’est une petite révolution », explique avec enthousiasme Shira Tarrant, chercheuse sur la sexualité et le féminisme à l’Université d’Etat de Long Beach en Californie.

Pourtant, les Américains n’ont pas la réputation d’être particulièrement coquins. Se serait-on trompé ? « J’ai dévoré le premier tome en deux nuits, confie Vanessa, coiffeuse new-yorkaise de 27 ans. Puis j’ai acheté une cravate grise à mon mari (l’accessoire phare de Christian Grey, ndlr) et je me suis surprise à l’appeler Monsieur, comme l’héroïne… », poursuit-elle en éclatant de rire. Pour Crissy, trentenaire et fonctionnaire à  la ville de New York, 50 stades fut une révélation. « Ce livre aura marqué ma manière d’explorer ma sexualité. Il m’aide à fabriquer des fantasmes. Et je dois dire que je me sens attirée par les jeux de rôles SM », explique-t-elle.

Lyss admet utiliser 50 Shades comme une sorte de manuel et ce, pour le plus grand bonheur de son couple. « Disons que je me suis emparée de ce fantasme de domination… Au quotidien, je suis constamment dans le contrôle, dans le micro-management, alors le rôle sexuel de la soumise m’a séduit », explique-t-elle. La fondatrice de DivaMoms est tout aussi enchantée des conversations que le livre a fait naître avec ses amies proches. « Nous rions en écoutant celle qui s’est prise une fessée, celle qui s’est faite attachée avec des rubans en soie grise… Ces discussions intimes ont remplacé nos échanges un peu superficiels sur le travail, les enfants, ou le dernier sac à main à la mode. Et cela me rend heureuse ! », lâche-t-elle

Envie de rejoindre la « révolution 50 Shades » ? L’ouvrage est disponible partout, au format papier ou e-Book. Si les romans grivois vous séduisent, Sarah Wendell, la fondatrice du célèbre site dédié aux romans à l’eau de rose Smartbitches, a établi une liste d’ouvrages du même genre « et de meilleure qualité », selon elle. Enfin, si vous souhaitez « jouer » à 50 Shades, sachez que la trilogie n’a pas manqué d’inspirer les boutiques et sites Internet spécialisés. Chez Babe Land (43 Mercer Street) vous trouverez une gamme de produits “bondage” inspirée par 50 Shades .  Chez Pink Pussy Cat (167 West 4th Street) le produit- phare du moment n’est autre que le kit « séduction bondage ». Comme si l’été n’était pas assez chaud comme ça…