4 millions de dollars dans le sac pour la start-up Rebagg

Pour Rebagg, l’affaire est dans le sac. La start-up, lancée fin 2014 par deux Français à New York, vient d’annoncer une levée de fonds de quatre millions de dollars. De quoi la mettre en orbite dans la galaxie des sites offrant des articles de luxe d’occasion.

Rebagg rachète des sacs haut-de-gamme et les revend en ligne, à la manière de ce que font TheRealReal et Vestiaire Collective. Et des sacs, il y en a plein dans les bureaux que la start-up occupe en plein Garment District. Vuitton, Hermès ou Chloé : les prix, même de seconde main, atteignent parfois cinq chiffres. Au milieu des cartons et des étagères, une dizaine d’employés assure le service client, le contrôle des sacs, l’envoi et la réception des colis, tandis qu’au fond, un petit studio photo a été installé.

“300% de croissance depuis janvier”

“Aujourd’hui, on est 18, et on va sans doute recruter encore un peu cet automne. On a eu 300% de croissance depuis janvier”, explique Charles Gorra. Ce Français de 31 ans, qui a grandi à Monaco, a fondé Rebagg à sa sortie d’Harvard Business School. Il avait auparavant travaillé, après son diplôme d’HEC, dans la finance à Paris et Londres. Un beau CV, complémentaire de celui de son associé Erwan Delacroix, 30 ans, un ingénieur toulousain qui travaillait chez Google.

L’idée de Rebagg, Charles Gorra l’a eue à Harvard, après s’être intéressé à Rent the Runway, une start-up fondée par deux anciennes élèves de sa business school qui permet de louer des robes de luxe en ligne. “Je trouvais ça fou, j’étais impressioné. J’ai bossé pour elles en 2013, elles ont été des mentors pour moi”, nous dit-il.

Economie circulaire

Il poursuit : “Ce qui m’intéresse, à l’origine, c’est moins la mode et les sacs à main que l’économie circulaire, comment rendre l’économie plus durable et faciliter ce type d’échanges entre particuliers”. Des concepts chers à Fabrice Grinda, un investisseur français de New York qui a fait fortune avec des sites de petites annonces, et qui a été le premier à mettre ses billes dans Rebagg.

“Ce qui me plait, c’est que Rebagg offre un service clé en main, de qualité, et que c’est un marché de 10 milliards de dollars. Au-delà des sacs, je crois que Rebagg s’inscrit dans la révolution des marketplaces à laquelle on assiste en ce moment”, commente Fabrice Grinda, qui a lancé, dans le même esprit, Lofty (hébergement entre particuliers) et Beepi (achat et revente de voitures), et qui croit beaucoup dans les services qui faciliteront au maximum les transactions entre particuliers.

Leur “arme nucléaire”

C’est pile le créneau de Rebagg, qui veut simplifier la vie des vendeurs : ils rachètent les sacs “up-front”, deux jours après réception  – contrairement aux autres sites qui fonctionnent sur le modèle du dépôt-vente, et où le propriétaire n’est payé que lorsque son sac est vendu. Ensuite, Rebagg offre toute une gamme de services : ils envoient quelqu’un chercher le sac chez vous, proposent un prix de rachat fixe à partir d’une seule photo etc.

Attention aux faux

Rebagg a aussi tissé des liens avec un réseau de “personnal shoppers”, qui peuvent  mettre en vente un sac pour leurs clients et toucher une commission au passage. “On a 1.200 intermédiaires, et ça, c’est notre arme nucléaire”, confie Charles Gorra. Quant à la partie achat, elle s’effectue sur Trendlee, un autre site de Rebagg. “Ce ne sont pas toujours les mêmes personnes qui achètent des sacs d’occasion et celles qui en vendent”, remarque Charles Gorra.

Leurs principaux écueils ? Les articles achetés et invendus… et les faux, qui représentent une petite part des sacs qu’ils récupèrent, et que leurs experts doivent identifier. Mieux vaut ne pas se tromper, car ce sont souvent les éléments les plus chers qui sont contrefaits. “Tiens, celui-là, c’est un faux”, assène Charles Gorra en attrapant un sac bordeaux. L’une de ses employées se lève pour approuver. “Ca se voit tout de suite, rien qu’au toucher”, nous dit l’ancien financier, qui il y a encore un an, ne connaissait pas grand chose aux sacs. Et qui est aujourd’hui capable en un coup d’oeil de distinguer un “Birkin”, un “Kelly” ou un “Saint Louis”