Un (très) Visible Dog

French Morning vous l’avez fait découvrir au printemps dernier, le projet de centre culturel de Lucien Zayan, à Cobble Hill (Brooklyn) est né. L’endroit a toujours l’air de ce qu’il est, une usine désaffectée, mais l’art s’est emparé des lieux à vitesse grand V.

Les studios d’artistes du 2ème étage, coeur du projet, sont déjà tous loués et occupés par onze artistes (photographes, designers, illustrateurs, peintres…). On pourra les visiter et rencontrer les artistes ce samedi, de 6 à 9 pm. Le 3ème étage a lui été totalement rénové (au contraire des autres, restés dans leur jus de friche industrielle) pour accueillir des évènements culturels. Il est inauguré ce samedi avec « Recession Art », une toute jeune organisation (les deux fondatrices ont 22 ans), qui a décidé de profiter de la crise économique pour « casser le modèle traditionnel des galeries d’art ». Objectf: offrir à de jeunes artistes une vitrine et à des acheteurs aux moyens limités un art accessible et abordable.


Au rez-de-chaussée, c’est encore la crise, et les opportunités qu’elle offre à l’art, qu’on retrouve. A partir de samedi, et pour un mois, vingt-quatre artistes s’installent là, rassemblés par Manon Slome, conservatrice en vue (ex Chelsea Museum and Guggenheim). Il y a quelques mois, elle a fondé « No longer empty », « une réponse à la crise et aux locaux vides qu’elle laisse partout dans New York » explique-t-elle. Le groupe s’empare de ces lieux vacants et y suscite des créations toujours inspirées du lieu. Ici, tout est parti du fameux « invisible dog », une laisse semi-rigide et un harnais qui permettent de promener son « chien invisible ». Il était fabriqué dans cette usine, et c’est lui que Lucien Zayan a choisi pour emblème de son projet. « L’idée de l’invisible dog, explique Manon Slone, est de faire un objet à partir de rien. Nous sommes partis de cette idée pour l’exposition ici: créer à partir de rien ». Vingt-quatre artistes, certains renomés comme le collectif Guerra de la Paz ou Giuseppe Stampone, se sont donc emparés du lieu qui a inspiré leurs créations, telle la fresque murale de Tom Stamford, qui restera en permanence après l’exposition, et qui s’inspire du roman « Motherless Brooklyn » de l’écrivain Brooklynite Jonathan Lethem.

Samedi, Lucien inaugurera aussi avec fierté « la première commande d’artiste » de l’Invisible Dog, un lustre créé par deux designers, les frères Steven et Willimas Latt, spécialement pour l’endroit. L’imposante création a été entièrement réalisée à partir de boucles de ceintures trouvées dans les locaux de l’usine, où elles étaient fabriquées.

La nouvelle vie de l’Invisible Dog factory commence. Avec des projets pleins la tête pour Lucien; projets artistiques, ou plus commerciaux, pour faire vivre son « entreprise culturelle », comme la Brasserie qui devrait ouvrir dans une partie du bâtiment, sous les auspices du brasseur brroklynites Six Point Craft Ales, lorsque toutes les autorisations auront été obtenues.

Inauguration: samedi 3 octobre, de 6 à 9 pm:
51 Bergen Street (Entre Smith & Court Street)
Brooklyn (Métro: F ou G, Bergen Street)

Outre les les deux expositions inaugurées ce samedi, les studios des artistes seront ouverts au public pendant cette soirée d’inauguration. La photographe Martine Fougeron présentera également ses photos du bâtiment.

Le programme des expositions (à partir du 3 octobre):

-No longer Empty: Jeudis et vendredis de 2 à 8 pm; samedis et dimanches de midi à 8 pm. Jusqu’au 31 octobre.

-Recession Art: jusqu’au 10 octobre, tous les jours de Midi à 10pm.

-Shop Art Gallery: la galerie d’art de Muriel Guépin, grâce à laquelle Lucien Zayan a découvert l’usine adjacente, inaugure une nouvelle exposition. Jusqu’au 29 novembre, du mercredi au samedi de 11 am à 7 pm et le dimanche de midi à 5 pm.

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