Sarkozy en chef de guerre

La décision de Nicolas Sarkozy de mener des actions militaires françaises en Libye fait couler beaucoup d’encre outre-Atlantique. Excepté le Wall Street Journal qui déclare clairement dans ses colonnes « soutenir l’action militaire même si elle est très tardive », les autres médias portent un regard plutôt critique sur les motivations du président français à bombarder la Libye. Sans demi-mesure, Michael Elliott titre dans un éditorial du Time « Comment la Libye est devenue une guerre française et anglaise ». Il expose les trois principales raisons qui pourraient justifier la position de la France : les réserves en gaz et pétrole libyennes, une vague d’immigration vers l’Europe consécutive au conflit orchestré par Kadhafi et enfin la nécessité pour Sarkozy de se racheter une légitimité politique nationale et internationale.

Les journaux soulignent avec sarcasme tout le paradoxe du chef d’Etat français très en retrait lors des récentes révolutions mais qui cette fois prend la direction des opérations. « Monsieur Sarkozy motivé par les échecs français à répondre rapidement aux révolutions en Tunisie et en Egypte […]  a amené avec l’Angleterre,  l’Europe et les Etats-Unis vers un engagement militaire dans le monde arabe que même des alliés clés comme Washington et Berlin n’ont jamais voulu », lit-on dans le New York Times. Nombreux sont les médias à voir dans cette décision de Nicolas Sarkozy une volonté de revenir sur le devant de la scène politique avant les prochaines élections présidentielles alors qu’il est encore au plus bas dans les sondages et que les dernières élections cantonales n’ont pas été brillantes pour l’UMP. Le président français avait désespérément  besoin de renforcer sa stature politique. Et samedi, il l’a fait« , lit-on dans le Los Angeles Times. La France se sent aussi davantage concernée par ces événements du fait de ses relations proches avec les anciennes colonies mais aussi, selon l’Associated Press parce que la France « espère avec les bombardements de samedi effacer des mémoires son passé de complaisance avec les dictateurs. » Le Los Angeles Times n’est pas tendre non plus avec un président français tout en paradoxe, qui ordonne de bombarder la Libye alors qu’il y a 3 ans, il « avait déroulé le tapis rouge à Kadhafi à Paris, l’accueillant les bras ouverts et autorisant même le chef d’Etat libyen à planter sa tente bédouine près de l’Elysée. » La Libye est au coeur des préoccupations françaises du fait de ses pays frontaliers alliés stratégiques de la France (Tunisie, Algérie, Tchad et Niger) et parce que Total contrôle une partie importante du parc pétrolier libyen.

Commentaires

  • Marinayaouanc

    nous les francais nous ne sommes pas tendres non plus avec m. sarkozy! les bombardements a la lybie et a un ancien ami recu comme un roi en france il y a tout simplement 1 an,ne sont pas au nom de la DEMOCRATIE mais tout simplement pour un interet pre-electoral:notre president,au plus bas dans les sondages ,a vu dans cette stupide guerre ,un moyen pour redorer son blason. l peuple n’est pas dupe!!!!

    • Barthelemye

      Peut être que c’est un peu plus compliqué que çà;