Refermer "L'Auberge Espagnole" à New York, une "évidence"

En 2002, l’aventure de « L’Auberge Espagnole » commençait à Barcelone. Dix ans plus tard, elle se termine à New York, dans le quartier de Chinatown plus précisément. Pour écrire le troisième et dernier volet de la trilogie à succès – volet marqué par le retour d’Audrey Tautou – son réalisteur Cédric Klapisch a passé plusieurs mois dans la ville qu’il a découverte dans les années 80, quand il était étudiant en cinéma à New York University (NYU). Il répond aux questions de French Morning.

French Morning : Lors de notre dernière rencontre (voir vidéo ci-dessous) au printemps, vous aviez évoqué cette envie de tourner à New York. Et vous revoilà six mois plus tard, New Yorkais de passage. Qu’est-ce qui vous a poussé à revenir ?

Cédric Klapisch: L’envie de filmer New York qui traîne depuis que j’y ai fait mes études en cinéma.

FM: Quelles impressions retirez-vous de ces quelques mois passés à New York ?

CK: Ça a été particulièrement enrichissant et actif pour moi et mon projet de film. Le cliché qui veut que Manhattan est un endroit énergisant est vrai. Aller au supermarché ou à l’école chercher son enfant devient une aventure pour nous autres Français et c’est vrai que tout dans cette ville donne la pêche. C’est une sorte de privilège de ne pas se sentir touriste ici et d’avoir un quotidien enrichi par la vie à New York.

FM: La ville a-t-elle beaucoup changé depuis votre premier séjour ?

CK : La première fois que je suis venu à New York, j’avais 18 ans (il y a plus de trente ans…). Oui, la ville a énormément changé depuis. Elle est moins dangereuse, moins glauque, moins violente, moins folle (donc aussi moins drôle), plus embourgeoisée, plus chic, plus touristique. J’ai été étudiant à la NYU Film School de 23 à 25 ans, de 1983 à 1985. L’avenue A était assez peu recommandée. Alphabet City était le repaire des dealers de crack et des immeubles incendiés qui donnait un côté Beyrouth détruit à l’East Village. Je me souviens que sur la 2ème avenue, entre la 7ème et la 14ème rue, on devait enjamber les corps de SDF tellement il y en avait. Tompkins Square était assez dangereux surtout la nuit. Ça m’a fait drôle parce qu’aujourd’hui c’est le parc où j’emmène mon fils de 4 ans en toute tranquillité. Aujourd’hui, les gens disent que « la ville est plus propre » depuis Giuliani, plus solidaire et communautaire depuis le 11-Septembre, et plus verte depuis Bloomberg…

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