A propos de l'auteur
Nicolas Serres-Cousiné est life coach. Tous les mois, il partage ses expériences de coaching avec les lecteurs de French Morning. Les noms qui apparaissent dans ses chroniques ne sont pas ceux de ses clients.
Pour en savoir plus sur ce qu’est le coaching avec Nicolas Serres-Cousiné, visitez www.monlifecoach.com
Vivre à New York était son rêve de toujours, « mais pas pour toujours ». Voilà pourquoi Inès, comptable parisienne, n’avait pas hésité à s’y envoler après avoir miraculeusement négocié une année sabbatique avec son patron.
Elle s’est sentie chez elle dès le pied posé sur les pavés de Madison Avenue et s’est fait des amis rapidement, pour la plupart américains. Son petit cœur a même chaviré pour Mike, un artiste peintre en devenir qui a été jusqu’à la présenter à ses parents vivant à Chicago. Tout devait bien aller au pays d’Inès mais le cinq du mois prochain sonne son retour en France. Elle est dans tous ses états, écartelée entre le devoir et le vouloir. Elle ne veut plus rentrer à Paris alors qu’elle le devrait. Elle aime sa culture, sa famille et ses amis, mais cela ne l’empêche pas de redouter d’être trop différente des autres lorsqu’elle reviendra au pays. « Là-bas, j’ai mon avenir pépère tracé d’office. Ici, j’ai découvert la sensation libératoire de marcher sur le fil du rasoir avec un temps d’avance sur le reste du monde ». Inès laisse son imagination prendre les rênes de sa vie, avec des « je veux ». Hélas, elle s’autocensure rapidement, à coups de « je dois ». Pas de permis de travail, pas de contacts professionnels, la langue anglaise tout juste maitrisée, « aidez-moi Nicolas, il faut que je m’arrête de rêver ». Ça tombe mal, faire rêver est mon métier.
Elle me parle de son job qui l’attend. Inès connaît ses qualités. Elle voit tout plus vite que ses collègues, son patron est élogieux à son sujet mais cela ne suffit plus à la rendre heureuse. Elle n’est pas à sa place, elle en est convaincue maintenant qu’elle a trouvé la sienne à Manhattan. Elle sent qu’il est temps de voler de ses propres ailes afin d’exprimer sa vision sur le monde, « mais comment faire à trente et un ans ? ». Elle avait tout prévu, monter les échelons de sa compagnie un à un jusqu’à devenir calife à la place du calife. Ce maudit voyage à New York a tout chamboulé. Elle se retrouve bloquée, paralysée, incapable de sauter dans sa nouvelle vie.
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