Christophe Navel a un parcours iconoclaste. En France, le Nantais au faux air de Garou a fait partie du comité organisateur des championnats du monde d’athlétisme à Paris. Installé à Québec City en 2004, il dirige Mouvement Humanisation, une association qui fait la promotion de “programmes d’humanisation fondés sur une science et un art de développement humain“. En 2011, il crée son entreprise de coursiers à vélo, Véli Coursiers Inc, pour laquelle il remporte le prix de l’entrepreneur français décerné par la chambre de commerce française, section Québec.
Aujourd’hui, il peut ajouter une ligne à son CV : candidat au siège de député des Français d’Amérique du Nord. M. Navel se présente avec l’étiquette « indépendant » par rejet du système de partis. «Ce qui fait la faiblesse d’un parti, c’est que les idées sont cloisonnées, déclare-t-il. La richesse d’un indépendant, c’est qu’il peut sortir du cloisonnement de droite ou de gauche
Son credo: « Il ne s’agit pas de reproduire la France à l’étranger». Au sujet du remboursement de la gratuité des frais de scolarité pour les élèves français de Seconde, Première, Terminale inscrits dans les établissements homologués par l’Education nationale, il estime que la mesure « coûte une fortune » aux contribuables français alors que l’« on a de la difficulté à maintenir des écoles dans nos petites villes et dans la ruralité ». Seuls les enfants d’expatriés professionnels, qui sont aux Etats-Unis de façon temporaire, devraient profiter du dispositif, car ils payent leurs impôts en France. « En dehors des expatriés professionnels, les Français qui sont partis ont fait le choix d’aller à l’étranger et donc de payer leurs impôts dans leur pays d’accueil », estime-t-il.
Il considère dépassée la réputation d’excellence de l’éducation française. « Faut arrêter de se pavaner. L’éducation à la québécoise est bien meilleure ». Il propose donc de moderniser les méthodes et supports d’éducation pour favoriser l’enseignement et la transmission de la langue. « Pour moi, un élève qui va à l’école et qu’on oblige à lire la Princesse de Clèves parce que c’est un classique, c’est une connerie. La notion de plaisir et d’épanouissement personnel, on ne la trouve pas en France ». Il souhaite notamment créer un réseau d’écoles francophones chapeauté par l’Office International de la Francophonie (OIF), ce qui, d’après lui, baisserait les coûts de scolarité en les répartissant entre tous les pays francophones.
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