French Morning

17 mai 2012
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Life coach

Vivre à l’imparfait

Nicolas Serres Cousiné est « life coach », métier qu’il exerce à New York. Chaque mois, il livre aussi ses conseils sur French Morning. Ce mois-ci, l'histoire d'Annie, qui a suivi son mari à New York et s'est retrouvée avec cette question: "et maintenant, que faire?"

Lorsque Annie vint me voir pour la première fois, je fus frappé par son calme et son grand sourire. Si les gens avec qui je travaille sont loin d’être dépressifs -un coach n’est ni un psychologue ni un psychiatre- ils projettent tout de même une grosse frustration souvent enrobée d’angoisse, due a l’incapacité de résoudre le dilemme dans lequel ils se trouvent. «J’adore New York où je vis depuis sept ans avec mon mari et mes deux garçons. Je me sens bien dans ma peau, mais je vis une situation inhabituelle donc déstabilisante. Je n’arrive pas à trouver la réponse à une question qui me taraude l’esprit depuis un long moment:  “et maintenant, que faire?”».

Annie a arrêté de travailler pour élever ses enfants qui ont maintenant 10 et 12 ans. Elle se rend compte aujourd’hui, sans amertume mais tout de même avec un peu de jalousie, que c’est la seule dans son foyer qui n’a pas d’identité propre. Elle est devenue «la maman de» et «la femme de». Pourtant, elle se dit prête a tout faire pour rajouter à la palette de sa vie d’aujourd’hui des couleurs qui n’appartiennent qu’à elle. «Je ne veux plus travailler dans une banque comme avant, je veux faire ce dont j’ai toujours eu envie. Je sais que c’est quelque chose de créatif, je sens que c’est là, figé dans mes tripes, mais je n’ose pas le sortir, je me sens un peu bête». Qu’est ce qui l’en empêche ? «La peur du regard des autres, la peur de me sentir vulnérable, mais avant tout je sais bien que c’est la peur de me lancer et de réaliser que je ne serai pas la meilleure à ce que je fais». Quand je lui dis que la pression qu’elle se met sur les épaules ressemble plutôt à une fausse excuse pour ne pas explorer ce qu’elle a toujours voulu faire, elle ne me contredit pas. «J’ai tendance à être ma pire ennemie tant je suis dure et exigeante avec moi-même. C’est comme cela que j’ai été élevé. L’aînée de la famille qui doit donner l’exemple à ses petits frères, encore et toujours. On m’a tellement poussé à être la soeur parfaite que j’ai l’impression d’avoir décliné ce concept dans tous les aspects de ma vie. Annie la parfaite écolière, la parfaite étudiante, la parfaite copine, la parfaite femme, la parfaite mère…c’est lourd à porter».