Le Cannes du Queens
Du 12 au 15 novembre, le Queens International Film Festival (QIFF) déroulera son tapis rouge aux cinéphiles venus découvrir des productions inédites du monde entier. Rencontre avec Marie Castaldo, la Française discrète derrière cet événement devenu incontournable en sept ans d’existence. Par Alexis Buisson.
A quelques jours du coup d’envoi de la septième édition du Queens International Film Festival (QIFF), sa fondatrice Marie Castaldo est sur le pied de guerre. «Je me réveille à 6h du matin pour promener mes chiens (ndlr, elle en a dix !) et je travaille de 8h à 1h du matin, indique-t-elle. Mais ça ne me gêne pas. J’aime être busy ». En écoutant Marie Castaldo manier le « Franglish » à la perfection, on comprend pourquoi cette Réunionnaise a décidé, il y a maintenant sept ans, de lancer un festival international du film dans le Queens : elle vit dans un monde sans frontières.
A 16 ans, elle qui se sentait un peu a l’étroit dans sa ville natale de Salazie, où l’accès au monde extérieur se limitait à une télévision visible une fois par semaine à la mairie, décide de partir à l’aventure. Cap d’abord sur Mayotte, puis, sur l’Afrique du Sud à bord du trimaran « l’Audacieux », avant de s’installer quelques années plus tard au Kenya. La transgression de frontières, une idée sans doute à l’origine de sa passion pour le cinéma, l’art de donner la sensation au spectateur qu’il voyage et s’évade enfermé dans une salle obscure. Le cinéma la passionnait déjà à la Réunion. Arrivée en 1991 à Paris, elle décide de lancer sa propre boite de distribution. Elle multiplie les allers-retours Paris-Los Angeles, avant de s’établir dans la Cité des Anges à la tête de sa société, qui prospère. S’installant à New York en 1997, c’est encore le cinéma qui l’aide à trouver ses marques. Dans la foulée du 11 septembre, elle lance le Manhattan Film Festival à Tribeca pour lever des fonds pour les pompiers victimes des attentats.


