Aaron paie sa tournée
Pour sa deuxième édition new yorkaise, la fête de la musique à New York s’étend à de nouveaux quartiers et accueillera environ 850 concerts, sous l’impulsion du musicien américain Aaron Friedman.
Le musicien compositeur Aaron Friedman vient de finir sa tournée… des commissariats. L’un des buts de l’association Make Music New York qu’il a fondée en 2007 est d’obtenir des permis pour les groupes qui souhaitent se produire lors la fête de la musique. Et il faut un permis pour chaque emplacement (trottoir ou parc)! «Cette année, la fête s’étend à de nouveaux emplacements à travers les cinq boroughs. Cela signifie plus de permis à obtenir et plus de commissariats à aller visiter», dit Aaron Friedman.
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Pour la première édition de Make Music New York l’an dernier, il y a eu environ 560 concerts. Cette année, Aaron Friedman table sur 850 performances. Pour les musiciens en quête de reconnaissance et de public, les inscriptions sont clauses. «Si vous êtes musicien, ne laissez pas de message, on ne vous rappellera pas», dit la messagerie téléphonique d’Aaron Friedman.
Chaque permis coûte $45, une somme conséquente lorsqu’on la multiplie par les centaines d’emplacements réservés. Make Music New York a reçu le soutien de plusieurs partenaires, dont le département des affaires culturelles de la ville et les Services Culturels de l’Ambassade de France.
Parmi les événements majeurs, un concert punk/rock sur Governor Island (rebaptisée Punk Island pour l’occasion) : 75 groupes vont se succéder toute la journée. Les festivités commencent sur le ferry qui dépose sur l’île. Nul besoin de permis en l’occurrence pour cet emplacement : ancienne base militaire, l’île a un statut particulier qui ne relève pas de la police de la ville de New York, explique Aaron Friedman. «N’est-ce pas un peu dangereux de réunir des punks sur une île sans sécurité ?» se risque-t-on à demander. (Laissera-t-on s’installer l’anarchie sur l île du Gouverneur??). «Il y aura 50 agents de sécurité dépêchés pour l’occasion», répond Aaron, agacé par la question.
Tandis que l’accès à Central Park était limité l’année dernière du fait d’une course d’entreprise organisée par la Chase bank, cette année, onze emplacements ont été réservés dans le parc. A la lisière du parc, un accordéoniste du métro parisien François Parisi jouera devant le musée Guggenheim. «Les gens du Guggenheim sont allés le chercher dans le métro et lui ont payé le billet pour venir ici», explique Aaron. Que s’est-il donc passé dans la tête des curateurs du Guggenheim, plus habitués à acheter chez Sotheby’s qu’à recruter dans le métro? Il s’agit de mettre à l’honneur l’artiste Louise Bourgeois, dont l’exposition débutera quelques jours plus tard. Le troubadour jouera ses chansons préférées comme «C’est si bon», annonce le programme.
Malgré quelques concerts de musique française comme celui-ci, les gens ne font pas forcément le lien avec la France, explique Aaron Friedman. «Quand j’ai crée Make Music New York, très peu de gens connaissaient la Fête de la musique au niveau des autorités locales», dit-il. La Fête de la musique est pourtant célébrée dans plus de 300 villes et 100 pays. «On aimerait mettre l’accent sur le côté international de cette fête. C’est l’un de ses charmes.»


