« Monsieur Lazhar », la tolérance presque oscarisée

Depuis le suicide de leur enseignante, les élèves d’une école primaire de Montréal doivent réapprendre à vivre normalement. Ils sont aidés par leur nouveau professeur, Bashir Lazhar (joué par le génial Mohamed Fellag, très juste dans ce rôle), un réfugié politique algérien qui traîne sa part de problèmes.

« Adapter une pièce de théâtre (Bashir Lazhar, d’Evelyne de la Chenelière, ndlr) composée pour un seul personnage sur scène était pour moi un défi« , raconte Philippe Falardeau, réalisateur de « Monsieur Lazhar ». Il est vrai que, vue la richesse des thèmes abordés, à savoir l’éducation, l’immigration et le deuil, ce long-métrage canadien aurait pu facilement se casser la figure. Pourtant, le pari est réussi pour Philippe Falardeau grâce à un scénario de qualité, sensible et intelligent, qui évite sentimentalisme et clichés – et qui justifie sa nomination dans la catégorie du « meilleur film étranger » lors des derniers Oscars.

Dans la lignée des oeuvres précédentes de Philippe Falardeau  (« Congorama » ou « Un paté chinois », par exemple), « Monsieur Lazhar » est un film sur le choc des culture. « Il y avait longtemps que j’avais envie de faire un film sur l’immigrant, sur l’autre et la richesse du personnage de Bashir m’a beaucoup aidé« , raconte Philippe Falardeau. Portant le film du début à la fin, Bashir Lazhar est une personne comme les autres : il a sa « dignité« , sa « fragilité » et ses « contradictions » et pourtant, c’est un homme « profondément dépaysé« . A une collègue de travail voyant l’immigration d’une façon romancée, il lance une phrase qui illustre parfaitement le propos : « L’immigration, c’est être déraciné dans un pays que l’on ne connaît pas et où les gens ne vous comprennent pas« . Se heurtant au système d’enseignement et à l’administration québécoise, Bashir a du mal à faire entendre sa voix. Il trouve son seul réconfort auprès des enfants endeuillés pour qui il devient très vite « une structure rassurante« .  Ni omniprésente, ni trop absente, cette « réflexion sur l’étranger » amène une dimension sociale au film qui n’est pas déplaisante et tend moins vers la satire de société que vers le conte philosophique.

Infos pratiques:

« Monsieur Lazhar » de Philippe Falardeau, en salle le vendredi 13 avril au Angelika Film Center, 18 West Houston Street, et au Elinor Bunin Monroe Film Center, 144 West 65th Street. 

Commentaires

  • Jeannine Braik

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