Moi, impatrié

romainRomain Teyteau a passé trois ans à New York.

Cela fait quatre mois que je suis rentré en France après trois années en Amérique du Nord. J’ai passé la moitié de ce temps à New York, à arpenter les rues avec ma valise à roulettes pleine de bouteilles de vin en tant que représentant d’un grand négociant français. Maintenant  je suis à Paris, chez moi, et paradoxalement, je souffre depuis mon retour d’un étrange mal du pays.

C’est un article du Monde paru récemment qui a diagnostiqué mon mal-être et mis un mot dessus : l’impatriation. Cela m’a fait du bien de lire les témoignages de Français rentrés au bercail après avoir vécu plus ou moins longtemps sous d’autres latitudes et, égoïstement, j’ai été rassuré de comprendre que je ne souffrais pas d’une maladie orpheline.

L’article décrit très bien la difficulté de réadaptation à son milieu d’origine et l’état dépressif qui peut l’accompagner. Un des premiers obstacles rencontrés par les impatriés est l’absence d’accueil au retour et l’incompréhension des services de l’État. C’est un point que j’ai trouvé très pertinent, ayant moi-même l’impression de ne “rentrer dans aucune case” de la machine administrative. Pourtant, c’est aussi pour cela que je suis rentré : la Sécurité Sociale, l’éducation gratuite de qualité pour les enfants… Alors je me dis que je devrais éviter de voir tout en noir et blanc et idéaliser les États-Unis au détriment de la France. Mais malgré tous les bons côtés de mon pays, je ne peux lutter contre la nostalgie et tirer une croix sur New York.

A mon retour, je n’avais pas mesuré le changement qui s’était produit en moi pendant cette parenthèse. Je n’étais plus le même et j’avais perdu mes points de repères au profit de la norme américaine. Le décalage s’est manifesté d’abord par des détails comme le volume des briques de lait qui passe du gallon au litre ou bien celui des voitures dans la rue qui semblaient avoir été rétrécies comme par magie. C’est peut-être pour cela que je me suis senti immédiatement à l’étroit dans cette ville où j’avais pourtant passé toute ma vie.

En France, mes rapports aux gens sont changés par mon expérience d’expatriation, aussi courte fût-elle. Ici, j’essaye de reformer un cercle d’amis et je me sens beaucoup plus compris par ceux qui ont passé du temps à l’étranger. Ceux qui sont restés ne réalisent pas vraiment ce que j’ai vécu et pensent souvent que si je suis rentré c’est que j’ai échoué. Beaucoup de ces mêmes personnes parlent de partir sans n’avoir jamais franchi le pas et continueront leur vie malheureuse à se plaindre de leur enfer parisien sans jamais prendre le large. J’ai l’impression de voir en eux ces vieux couples qui s’engueulent à longueur de journée mais qui ne se sépareront jamais.

Mais maintenant que je suis rentré, qu’est ce qui me distingue de ces gens-là finalement? Je ne suis plus “l’oncle d’Amérique”, je suis plus le type en visite à Paris, sur le point de repartir à New York. Mon égo a, du coup, subit un revers parce que c’est vrai que j’aimais bien mon statut exceptionnel lors de mes visites en France.

Depuis mon retour, je suis passé d’expatrié à impatrié mais je ne le resterai pas éternellement. Donc soit je redeviens un citoyen comme les autres, soit je fais à nouveau mes valises et retrouve mon statut d’expatrié. Mais pour l’instant à part une inscription à la loterie de la Green Card et un cierge brûlé à Notre-Dame, j’ai n’ai pas fait grand-chose de concret pour me réinstaller de l’autre côté de l’océan. Alors, en attendant que le Ciel ou les services d’immigration américains se manifestent, je me dis que je devrais peut-être profiter de la nouvelle année pour prendre quelques bonnes résolutions : arrêter de saouler mon entourage en parlant de New York à longueur de journée, ne plus visionner en boucle des films qui se passent là-bas, et  mettre de côté l’idée de que je vais revenir m’y installer tout de suite. Bref, prendre du recul, parce que finalement, le blues de l’impatriation est un sentiment tellement proche de la rupture sentimentale que je me demande parfois si je ne suis pas tombé amoureux de New York.

En fin de compte, “impatrié”, “expatrié”, “apatrié”, je ne sais plus trop ce que je suis et les jours où mon esprit cartésien si français l’emporte sur mon optimisme américain, je me dis que la raison voudrait que je tourne la page new-yorkaise, pour reconstruire ma vie en France. Mais ça se saurait, depuis le temps, si l’amour était raisonnable.

Commentaires

  • Pascalboyer3

    J’habite NYC et je rentrerait en France quand les poules auront des dents!

    Impossible de se rehabituer.

    Comme ont dit ici: “you can never go home again”

  • Glibovo

    Putain ..craquer pour des briques de lait et de grosses voitures c est sur ça c est  de l amour ..!!!

  • Glibovo

    Putain ..craquer pour des briques de lait et de grosses voitures c est sur ça c est  de l amour ..!!!

  • http://twitter.com/KlausPierre Disruptive Frenchman

    C est trop different la France. Ce qui me manquerait le plus, c est le non-jugement des autres et la diversite des gens et des parcours que tu rencontres ici. Dans une soiree typique a LA ou NYC tu croises des artistes, des acteurs, des glandeurs, des super-riches, des aventuriers, des conservateurs, des anarchistes..et j adore ca la mixitude!!!! Dans les soirees a Paris, les gens ne s invitent qu entre personnes du meme cercle! Quand a Paris tu dis que tu veux changer de carriere, creer une boite, vivre a l etranger, reprendre des etudes tres tard…immediatement on te balance un ….”pourquoi?” Aux EU..on va te retorquer direct : c est “genial, comment vas tu t y prendre? tu veux des contacts?”…Je crois qu au final les EU, a terme,c est plus dur sur le plan economique qu en France sauf si tu cartonnes..dans le business que tu as choisi mais je prefere vivre dans un pays ou eternellement tu peux te reinventer, te re-construire, les gens te jugent pas,…et que les opportunites sont (a condition que tu bosses comme un malade et sans aucune arrogance aucune, sans filet au cas ou ca pete) illimitees…

    • Cchrisadams

      C’est horrible ! J’ai vécu 2 ans à NY sur Manhattan de 2006 à 2008 et je ne m’en suis toujours pas remis. En effet, je parle tous les jours de NY et j’aime terriblement cette ville. Suis-je malade ??
      Christophe

  • Spazticdog

    New Yorkaise depuis 37 ans, je n’ai jamais pu retourner vivre en France. Le coup de foudre et une belle histoire d’amour avec NYC. Prenez l’avion le plutot possible.

  • Aveni Fabienne

    La plupart des “new yorkais d’origine française”,je veux dire par là des gens qui y vivent depuis de nombreuses années me disent : vous êtes française? Inutile d’essayer de venir ici, ce serait trop dur pour vous.
    New York, ou l’Amérique en général, broie tous ceux qui ne travaillent pas 14 heures par jour 7 jours sur 7,c’est ce que je comprends. La concurrence est impitoyable, les gens s’entretuent pour une promotion. Pas de vie privée, ou bien réduite à sa plus simple expression.
    Il y a pourtant bien une vie culturelle à New York, des familles dans les parcs, des magasins où des gens passent du temps, des cafés, des restaurants, des cercles d’amis,bref une vie sociale. Tous les new yorkais ne sont pas des traders camés aux yeux exorbités!
    Je n’ai pas l’intention de m’expatrier et préfère garder mon statut de touriste fidèle, mais ce point me chagrine.
    D’autant plus que ce très bel article et les commentaires qui lui font suite, même s’ils s’adressent à quelqu’un qui a déjà passé le cap, autorisent le rêve.
    Bravo à tous.

  • http://www.facebook.com/profile.php?id=1046783461 Yo Ann

    L’herbe est toujours plus verte ailleurs, et sitôt qu’on en fait l’expérience en allant vivre dans un lieu différent, tout retour devient compliqué. Peut-être parce que dans notre tête, il s’agit d’un “retour” et non d’un “aller”. Quoique vous fassiez dans votre vie, si l’état d’esprit dans lequel vous vous placez est négatif, votre expérience en sera affectée négativement. Expatrié depuis 4 ans, j’ai constaté aussi l’effet inverse. Des personnes qui ne supportaient pas l’expatriation, et ce apparemment pour une raison: ils cherchent à retrouver ici ce qu’ils avaient dans leur pays d’origine….
    Sinon je rejoins les autres commentateurs. Si vous ne le supportez pas, repartez dés que possible !

  • Marina yaouanc

    tres tres beau temoignage,si vrai,si sincere,si juste. a ce garcon,moi deux fois expatriee,je voudrais dire que la nostalgie accompagnera toujours sa vie ,nostalgie d’ailleurs,nostalgie de ce statut si particulier qui au fond fait de nous des “vacanciers eternels”. courage….paris ce n’est pas si mal…tu vois moi aussi j’ai une certaine nostalgie qui m’accompagne au fil des jours…nostalgie de paris!

  • Lisepilon

    Bonjour,moi je suis canadienne et depuis ma première visite à New York j’ai tomber en Amour avec cette ville et quand je reviens à Montréal je suis en déprime, alors j’y vais le plus souvent possible, j’ai l’impression d’être vivante quand je suis là-bas,cette énergie,ces beautés architecturales,ces parcs,ses mouvements me donne des ailes. Je me suis dit que Montréal est bien mais que maintenant New York me rends plus heureuse, alors je me dépêche de faire des heures supplémentaires pour repartir et oui moi aussi mon coeur est à New York et que si je pourrais ma vie serait meilleure là-bas. En attendant je planifie de retourner au 2 mois pour continuer de rêver à mon bien être mental… LISE

  • Sophie vaccarello

    Moi je n’y suis allée que 6 jours pour la première fois de ma vie, à 40 ans, c’était un rêve ! Alors je ne peux pas vous conseiller sur le fait de repartir y vivre mais en tout cas, moi sur 6 jours, j’avais l’impression que j’étais faite pour NY et je n’attends qu’une chose, c’est y retourner pour en profiter plus longtemps avec ma petite famille, même si cela restera des vacances car il ne sera pas possible de s’expatrier ( si vous avez de bons tuyaux d’accueil ou hébergement, je suis preneuse)  Nostalgie, quand tu nous tiens !  Bonne réussite à tous et Bonne Année 2013

  • KarineNY

    J’ai vecu a l’etranger toute ma carriere professionnelle (enfin elle n’est pas termine!)… dont NY. Cette ville a une telle energie qui lai en effet difficile d’en revenir. Tu as de la chance tu es rentre sur une grande ville, cela aide. Va sur meetup.com. C’est comem cela que je me suis formee un reseau d’ami(e)s expatries et british… ca aide. On se comprend! Et non on n’a pas “rate” notre expatriation … ceux qui le disent son t tout simplement jaloux car ils n’ont jamais eu le cran de le faire. Bonne impatriation :))

  • KarineNY

    J’ai vecu a l’etranger toute ma carriere professionnelle (enfin elle n’est pas terminee!)… dont NY. Cette ville a une telle energie qu’il en est difficile de revenir. Tu as de la chance tu es rentre sur une grande ville, cela aide. Va sur meetup.com. C’est comme cela que je me suis formee un reseau d’ami(e)s expatries et british… ca aide. On se comprend! Et non on n’a pas “rate” notre expatriation … ceux qui le disent sont tout simplement jaloux car ils n’ont jamais eu le cran de le faire. Bonne impatriation :))

    • Imfromnowhere now

      C’est vrai meetup est une bonne piste. Il y a aussi The American Library of Paris et WICE http://www.wice-paris.org pour les sorties culturelles. Si tu t’inscris pour avoir leurs newsletters tu es au courant de leurs activités. 

  • Herve

    Tu n’est pas américain, tu n’es plus français ….tu es New Yorkais!

  • maité

    je n’ai passé que 5 semaines à New ,york,mais cette ville m’a envoutée,j’en suis tombée amoureuse,je n’y suis allée que pour rendre visite à de la famille très proche,mais wouah!!!!!!!!!!!!!,merci pour votre belle écriture,merci de nous avoir fait partager ce sentiment!!sans doute y retournerez vous?vous avez la vie et la jeunesse,alors bon vent pour ce que vous entreprendrez au delà de l’océan ou chez nous

  • Marion Maquevice

    C’est exactement ça… Je me sens parfois comme une Américaine à Paris, alors que je n’ai vécu à NY que 1 an et demi ! Merci pour ce témoignage :)

  • Horomaniac

    Bonjour Romain,

    Merci d’avoir partagé votre expérience. Je suis revenu à Paris fin 99 après 3 ans à NYC. La réadaptation à été dure mais je suis rentré avec ma copine (allemande) rencontrée à NY, donc j’avais quelqu’un avec qui partager ma passion pour NY :-). Les premières années nous allions à NY chaque été et puis les visites se sont espacées. Nous avons aussi tente la loterie plusieurs fois, en vain ! Nous sommes mariés et avons des enfants et je pense que nous avons une qualité de vie très supérieure en Europe. Paris est un peu plan-plan mais la scolarité, la santé et l’équilibre de vie y sont plus faciles à trouver selon moi, sans nécessairement être un big shot. Je pense que nous serions prêts à nous expatrier en Europe et irions avec plaisir passer quelques années a NY mais sous conditions de prise en charge de scolarité et de package expat, ce qu’aucune compagnie ne serait prête à offrir !

  • Fiso

    Ca fait 25 ans que je suis aux Etats-Unis et plus les annees passent, plus je suis convaincue que je ne pourrais pas rentrer en France. Apres 3 mois ici, je savais deja que j’allais revenir et rester. C’est ce qui s’est passe. Et comme vous Romain, les amis ou connaissances que j’avais en France, ne comprenaient pas mon enthousiasme pour les USA. J’etais pourtant entouree d’amis etudiants en langue comme moi, mais seuls ceux qui etaient deja partis a l’etranger m’ont comprise. Alors, refaites vos valises et revenez! 

  • NanouNY

    Eh bien moi, le plus longtemps que j’y sois restée est 3 mois et pourtant je suis dans le même état! J’y retourne +ou- 2 fois par an depuis 9 ans et je désespère de pouvoir un jour m’y installer.
    Je vis dans une petite ville en Belgique et qui n’a même rien de comparable à Paris. Donc imaginez-vous la déprime au retour!

  • http://twitter.com/Romainteyteau Romain Teyteau

    Merci à tous pour vos commentaires, conseils et témoignages. Je suis très touché de voir que nous sommes nombreux à vivre ou à avoir vécu la même chose. Finalement, en s’y mettant tous, on pourrait presque reconstituer un petit New York à Paris. On commence par repeindre les taxis en jaune?

  • http://twitter.com/Romainteyteau Romain Teyteau

    Merci à tous pour vos commentaires, conseils et témoignages. Je suis très touché de voir que nous sommes nombreux à vivre ou à avoir vécu la même chose. Finalement, en s’y mettant tous, on pourrait presque reconstituer un petit New York à Paris. On commence par repeindre les taxis en jaune?
    Romain

  • PF

    Peu interessant ce temoignage… Un ado qui passe a l’age adulte. Pas besoin d’etre expatrie pour ressentir la meme chose… C’est le cas de beaucoup d’etudiant s’installant dans la vie. Grandis petit!

  • Antoinouillorque

    Tres sympa l’arricle et il représente tes bien mes craintes vis a vis du “retour”. Expat depuis 15 ans, nouillorquais depuis 4, je sais que le choc culturel le plus dur m’attend… Ou alors je franchis le pas et devient américain, comme mes enfants, tous nés ici. Je ne l’aurais jamais pensé, victime de la propagande anti US qu’on subit en France, mais je me suis mis à aimer ce pays. Non, pas tout bien sur, et NYC est unique, mais ce sentiment est entièrement partagé par la plupart de mes fellow New Yorkers.

  • Othello

    Témoignage intéressant car assez représentatif. Mais les commentaires sur les fêtes et la taille des briques de lait  ne doivent pas trop être mis en avant car cela confinerait à la caricature alors que la réalité de ce blues tient à des phénomènes identifiés : moins de travail en France (le blues, c’est aussi le blues de Pôle Emploi) et surtout le choc d’un retour dans une ville et un pays qui misent sur le patrimoine et le passé, alors qu’à NYC les projets, l’avenir, la conviction que le changement est en soi bénéfique sont des valeurs aux centre de toutes les actions et les conversations. Ce plaisir du futur et cette conviction que l’on peut évoluer, changer de métier à 55 ans, se réinventer sont ancrés dans la culture américaine alors que – ne nous voilons pas la face – la France est un pays extrêmement conservateur. J’aime la France, mon métier est passionnant, mais je suis un privilégié, car autour de moi je vois des jeunes qui ne percent pas car leurs parents n’ont pas de carnet d’adresse, et des adultes paralysés par le changement.

  • Eglantine Boulard

    sincérement je pense que le temps d’adaptation se fait des deux cotés : lorsque l’on s’expatrie aux USA et lorsque l’on revient en France, tout simplement parce que les cultures sont trés différentes. Je reste persuadée qu’il y a du bon des deux cotés de l’Atlantique…

  • Llionel

    Très bon résumé Romain , c’est exactement ce que j’ai aussi vécu ! après 2 ans à Los Angeles j’ai du rentrer en France , et la le choc !  tout pareil que dans ton article …
    Bref je suis resté 1 an en France pour une seule raison , mieux me préparer pour un nouveau départ vers LA .
    Je suis donc revenue à LA bien préparé , je vis depuis 4 ans ici , j’ai retrouvé l’amour , je ne reviendrais plus en France même si je dois un jour revenir en Europe . Toujours pas de Green card pour moi , mais le E2 est tout de même un bon compromis en attendant …
    Bon courage , et comme tu l’as certainement appris aux USA , ne laches jamais !
    Lionel

  • Jo

    Je ressens la meme chose. J’ai vécu 6 ans à NY, suis partie il y a 6 mois. NY fut un amour passionnel qui a débuté avec un coup de foudre. C’est comme si mon coeur était fait en porcelaine, brisé en mille morceaux par cette rupture physique, et petit à petit je recolle les morceaux sachant qu’il y aura toujours l’empreinte de ces fissures.

  • Wis

    J’y ai vécu 2 ans, et sur les 10 dernières années j’y suis allé maintes fois pour voir la famille et les amis. J’adore cette ville, je l’aime aussi, elle m’a beaucoup manqué, et me manque encore souvent. Maintenant, j’aime aussi ma ville, Paris, et quand j’étais à NYC, Paris me manquait parfois. Je rejoins les commentaires sur l’herbe qui est toujours plus verte ailleurs, et que c’est dans la tête que l’ouverture doit se faire avant que ça se fasse autour de soi. Au final, on peut vivre NY à Paris, seulement c’est moins évident, et surtout ça vient de soi plutôt que des autres et de l’énergie qu’il y a autour de nous, mais au final on en a que plus de mérite ;). Puis une chose que m’a appris “ma vie américaine”, c’est de refuser la fatalité, le pessimisme, qui voudrait que chez nous, en France, c’est impossible, tout est figé. Si ça l’est c’est parce-que nous nous figeons aussi, comme les autres. En fait, dire “je ne reviendrais plus jamais vivre en France” est terriblement Français, pas Américain, c’est fataliste et plein de préjugés. C’est amusant de retrouver cela chez des gens qui se disent maintenant étrangers à la France, alors qu’en disant ces mots, ils sont encore plus Français qu’ils ne l’ont jamais été. Pour connaître de l’intérieur les Américains, car tous mes amis là-bas sont Américains de naissance, et ma famille de NY également, ils ne sont pas si tolérants qu’il y paraît, seulement ils respectent la différence de l’autre, tant que celle-ci ne vient pas compromettre leur propre différence. J’aime cet état d’esprit, mais attention à ne pas l’idéaliser. Il ne tient qu’à toi de mettre plus de couleurs et d’originalité dans tes tenues, d’être plus souriant, et plus accessible aux autres dans ta vie de tous les jours, deviens le changement que tu veux voir. Pour le côté sans papiers, je ne sais pas si le jeu en vaut la chandelle. C’est bien plus compliqué qu’il y a 10 ans, et ne plus pouvoir quitter le territoire américain jusqu’à une éventuelle régularisation, donc ne pas pouvoir retourner dans son pays pendant potentiellement plusieurs années, ne pas même pouvoir voyager dans le Monde, bref perdre sa liberté purement et simplement, être prisonnier de son rêve new yorkais, en plus en risquant de se faire expulser et d’être interdit de territoire… Dans mon cas, je ne voyais pas l’intérêt. Sans parler de ne pouvoir, sur place, que faire des petits boulots au noir, et non dans le domaine qui nous intéresse ou de nos études. La France n’est quand même pas la Somalie ou l’Irak, aller aussi loin pour être à NY est un peu éxagéré à mon sens. Maintenant, ceux qui le font ont sûrement de bonnes raisons, et surtout la motivation suffisante pour le faire, alors qu’ils le fassent. Je parle uniquement dans mon cas, où mon amour pour NYC ne m’a pas fait aller aussi loin, je suis resté pragmatique. Réfléchissez juste bien avant de vous lancer dans l’illégalité, je connais plusieurs histoires qui se sont mal terminées, pour le reste, it’s up to you!

    Le plus drôle de l’histoire, c’est que sur des blogs américains, tu retrouves la même nostalgie… Mais d’Américains, à qui Paris manque ! Comme quoi, l’herbe est toujours plus verte… somewhere else.

    Parfois aller vivre ailleurs aide à se sentir mieux, et au-delà de ça, il ne faut pas hésiter, car c’est toujours une expérience unique et très enrichissante, j’aimerai découvrir de nouvelles villes où habiter. Mais quand on a un mal-être profond, partir ne donne que l’illusion de régler des problèmes qui ne sont au final pas résolus, seulement étouffés. C’est toi et toi principalement, qui fais le changement dans ta vie, ton environnement ne fait que te donner un coup de pouce, mais ce n’est pas l’endroit où tu es qui doit déterminer ce que tu fais de ta vie.

  • Samira

    Bonjour,

    Dans le cadre de la préparation d’une thèse en cotutelle
    franco-marocaine sur la formation interculturelle des cadres impatriés et
    expatriés, j’ai élaboré un questionnaire pour recueillir des données relatives
    au rôle de la formation en communication interculturelle dans l’acquisition des
    compétences communicatives interculturelles.

    Recueillir des données via ce questionnaire, serait pour moi une aide précieuse et, également, un moyen pour faire avancer la recherche dans ce domaine notamment en milieu professionnel multiculturel.

    Le questionnaire est anonyme et les données recueillies
    seront utilisées à des fin de recherche pour la thèse.

    Le lien du questionnaire est le suivant:

    https://docs.google.com/forms/d/1mYAUME8z_K5I5G46KPSyP9sd4izGC1QbgJ2r0L-2bWA/viewform?usp=send_form

    Je vous remercie de bien vouloir prendre quelques minutes
    pour le renseigner.

    Samira

    bezzari.fstg@gmail.com

  • Lolofrim

    Je suis New Yorkaise depuis 13 et confirme ce que dit Didier…. Refaites vos valises! On ne dit jamais non à une histoire d’amour avec NY! :)

  • fameny

    Didier, pensez-vous vraiment que “quand on veut, on peut”?  Je suis en partie d’accord avec vous, faudrait que l’on puisse en discuter…! 

  • Didier

    hello fameny: quand on veut on peut, en effet, et surtout à NYC. Vous croyez que notre jeune ami sera le premier illégal aux etats unis ? Un reve ne s’arrete pas aux papiers sinon ce n’est plus un rêve, ce n’est que de la branlette intello  :)

  • so

    C est un bel article.. Mais j entends le meme son de cloche de pas mal d immigrants a NYC ! les immigrants ont tendance a se retrouver entre eux.. et a NYC aussi…la plupart de mes amis sont comme moi immigrants.. d Inde, de Chine , d Europe , D Amerique du sud et leur pays leur manque…ils sont tous venus pour des raisons differentes.. et au final beaucoup pensent a repartir chez eux pour leur retraite…donc la dynamique est la meme pour beaucoup de gens.. Des qu on connait l expatriation surtout quand on vit dans plusieurs pays, il est tres difficile de se poser quelque part… France ou autre pays.. j;ai des amis americains qui ont choisit de quitter NYC pour la qualite de vie et ont prefefre d autres latitudes… oui bien sur que NYC manque aux gens , mais il y a quelque chose qui fait que quand on est ici depuis longtemps, on peste contre la ville et quand on en est parti..ca nous manque..mais encore une fois.. quelles sont vos priorites?
    C est vrai que le jugement est moindre en face de nous mais les gens restent les gens et n en pensent pas moins…
    Aussi oui on peut en theorie se reinventer mais c est une theorie et peu arrivent finalement a sortir de leur carcan ..NYC ou pas.. ca se passe dans la tete!!