Ma folle journée avec Juliette Longuet

« Trépidante, unique, magique. » La semaine de la mode new-yorkaise, qui amène à New York deux fois par an près de 250 000 personnes, a fait vibrer les fashionistas jusqu’à jeudi dernier. Comme chaque année depuis trois ans, Juliette Longuet, guide aguerrie des Fashion Weeks new-yorkaises, parisiennes et bientôt milanaises, court les défilés de la Big Apple pour son émission quotidienne New York, New York / Paris, Paris diffusée sur la chaîne française June (voir en bas de l’article un extrait de l’émission spéciale NYC Fashion Week). Je la retrouve au deuxième étage du luxueux Plaza Hotel, au salon Warren Tricomi, « là où les filles sont coiffées et maquillées ».

La jeune styliste française, qui a créé sa marque éponyme à New York il y a sept ans, est sur les starting-blocks. « J’adore ça car on est dans un autre univers. On arrive dans des salles avec mille personnes qui viennent admirer les collections, et une centaine de photographes du monde entier », s’enthousiasme-t-elle. Dans quelques minutes commence le défilé de Douglas Hannant, ancien directeur d’affichage chez Barneys et Bloomingdale’s et loué par la critique comme étant « le nouveau maître de la couture américaine ». Place au show. Les premiers mannequins entrent en scène, sous les projecteurs et face au parterre de photographes et cameramen.

Dès l’ouverture de la Fashion Week le 10 février dernier, la dynamique Juliette Longuet s’est glissée dans les coulisses des défilés pour y interviewer les créateurs les plus en vue. Des rencontres, des tendances, du glamour et beaucoup de coups de cœur. Comme le défilé Moncler à Grand Central. « Cinquante danseurs qui portaient chacun une doudoune et défilaient sur un fond sonore poussé au maximum. Un vrai spectacle. » L’ouverture de la boutique de lingerie Agent Provocateur sur Madison Avenue, et sa vingtaine de mannequins faisant du pole dance, reste « un moment emblématique de la Fashion Week ». Autre moment fort : le défilé du styliste américain Narciso Rodriguez, connu pour ses robes luxueuses. C’est lui qui a habillé Michelle Obama pour la cérémonie d’investiture de son mari. Sans oublier le défilé de l’Américain Thom Browne, dans la New York Public Library (NYPL), où « des filles habillées en nonnes, avec sous leurs robes les vêtements du créateurs, se faisaient déshabiller par des prêtres ».

Après un spectacle d’une quinzaine de minutes, direction le Lincoln Center. Fini les défilés sous les tentes à Bryant Park, c’est dans ce vaste centre culturel qui abrite notamment le légendaire Metropolitan Opera, que se déroulent désormais les semaines de la mode. Mission quasi impossible d’accéder aux défilés pour les journalistes qui (comme moi) n’ont pas d’accréditation. « Il y a une telle organisation qu’il faut avoir une forte personnalité pour se glisser un peu partout. Il faut tout le temps se bagarrer. Rien n’est jamais acquis, même en ayant tous les badges et les invitations », raconte Juliette Longuet. Une règle d’or : ne jamais insister avec les mêmes personnes. Le pas pressé, bloc-note sous le bras et téléphone à l’oreille, je tente ma chance. « I’m a guest of Jennifer. » Et ça passe ! J’arrive à temps pour le défilé d’Alexandre Herchcovitch, qui s’est fait connaître comme icône underground à Sao Paulo au début des années 1990, en habillant les prostitués et les travestis du milieu de la nuit. En coulisse, les assistants de l’ombre préparent le défilé suivant, celui du Napolitain Allegri.

Changement de décor pour Allegri : des dizaines de parapluies sont suspendus dans une cour extérieure au sein du Lincoln Center. Au centre, le podium. Les blogueuses mode sont sur leur trente-et-un et chacun y va de son accessoire improbable : pantalon de golf fluo à carreaux, doudoune zippée pailletée bleu nuit, chaussures cloutées, ou uniforme léopard. Trépidante Fashion Week !

L’émission “New York, New York” spéciale Fashion Week sera diffusée sur June TV le samedi 12 mars à 19h25 et le dimanche 13 mars à 11h30.

Commentaires