“L’Europe existe”

“Il est très connu ici. Tous les gens de SIPA [School of International and Public Affairs] m’en ont parlé,” explique une étudiante française à la School of International Public Affairs de Columbia University. Une quarantaine d’étudiants étaient sur liste d’attente, selon l’Alliance Program, la coalition organisatrice qui rassemble Columbia University, l’Ecole Polytechnique, Sciences Po et l’Université Paris I, Panthéon Sorbonne.

Le Ministre des Affaires Etrangères et européennes a choisi pour son discours le thème de la “puissance européenne au 21ème siècle.” Pourquoi ce thème? “Il faut parler de l’Europe aux Américains. Que Bernard Kouchner mouille sa chemise pour venir parler de l’Europe à un public d’étudiants, avertis, je trouve ça très bien”, explique Bernard Valero, le porte-parole du Quai d’Orsay.

Au passage, il égratigne “nos amis polonais, drogués au charbon” mais il s’attache surtout à dissiper les préjugés sur l’Europe. “L’Europe existe. Elle n’est pas une union de vieilles nations pleines de rhumatismes”, assène-t-il en conclusion de son discours.

Chris Raxworthy, un professeur adjoint à Columbia note “une certaine pointe d’arrogance”, notamment sur le système du santé français dont le ministre s’est vanté. Un autre auditeur regrette la “tournure grandiloquente” du ministre à propos de la crise géorgienne: “Où étiez-vous [les Américains]? Nulle part. Où étions-nous [les Européens]? En Georgie. Je ne suis pas là pour donner des bons et des mauvais points,”.

Delphia Polle, étudiante à Columbia regrette de son côté qu’il ait botté en touche concernant la suppression du secrétariat aux droits de l’homme et Rama Yade. Elle salue néamoins la venue du ministre. Delphia, qui est venue écouter Kofi Annan la veille dans cette même salle aux grands drapés ôcres, dit : “Je trouve ça très bien que ces gens-là prennent le temps de venir nous parler.”

Après le discours et la session de questions/réponses avec le public, Bernard Kouchner est resté pour répondre aux étudiants en cercle autour de lui tels des disciples. Il s’est ensuite livré à une séance de photos avec eux et s’en est allé. Il était attendu à une réception donnée pour la communauté francophone, où il prononçait un autre discours.

Commentaires