« Le tout business class n’est pas mort »

Lorsque l’Avion a commencé ses vols Paris-New York, l’an dernier, le secteur des compagnies “tout business” avait le vent en poupe. Cela n’a pas duré: trois compagnies, qui assuraient des vols Londres-New York ont déposé leur bilan ces derniers mois. Mais l’Avion persiste. La petite compagnie (lancée par des investisseurs privés, conduits par Benjamin de Rotschild) a désormais deux avions et deux vols quotidiens, toujours entre Orly et Newark.

Un troisième vol va être lancé le 19 juin grâce à un accord commercial avec Open Skies, filiale nouvellement créée de British Airways. Le vol sera opéré par Open Skies, entre Orly et JFK, en “partage de code” avec l’Avion.
Le secret de l’Avion: le business “low cost”. En serrant ses coûts, ce que ses concurrents n’ont pas su faire, la compagnie offre des tarifs très nettement inférieurs à la classe affaire des grandes compagnies. Interview de Marc Rochet, PDG de l’Avion.

French Morning: Vous êtes un survivant… Trois de vos concurrents, compagnie “tout business class” comme vous, viennent de disparaître (Silver Jet, Maxjet, Eos, toutes reliant Londres à NY). Comment pouvez-vous espérer survivre?

Marc Rochet: D’abord parce que ces trois compagnies sont mortes avant tout d’une gestion surprenante, avec des avions trop gros, une croissance déraisonnable. Nous, nous avons été beaucoup plus prudents, en consolidant avant de se lancer dans une croissance que l’état du marché ne pourrait pas soutenir. Résultat, nous n’avons pas de problème de cash.


French Morning: Tout le secteur de l’aérien souffre, au-delà des compagnies tout business. Ce n’est pas le meilleur moment pour développer une compagnie…

Marc Rochet: C’est vrai que ça nous pousse à la prudence, mais en même temps le ralentissement économique nous profite aussi: nous récupérons beaucoup de grands comptes qui cherchent à faire des économies sur leurs déplacements et viennent vers nous parce que nous sommes moins chers. Et cette clientèle est solide, elle ne va pas disparaître du jour au lendemain. Il y a un an, nous avions environ 55 % de passagers business et 45 % de particuliers et maintenant nous tendons vers 70% de business, ce qui est très positif.
Au total, notre croissance est forte. Malgré l’ajout d’un deuxième avion, en janvier, nous avons des taux de remplissages de 80 % (chiffres de mai, NDLR).

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