Le malaise Sarkozy

Le malaise présidentiel est l’occasion pour la presse américaine de se souvenir des habitudes françaises en matière de santé au sommet de l’Etat: en dire le moins possible. Le Washington Post pointe ainsi du doigt les vérités cachées de l’Élysée sur l’état de santé de ses Présidents au cours de l’Histoire. «Dès le début de son mandat, Nicolas Sarkozy avait été hospitalisé pour une infection à la gorge. Mais il l’avait caché aux Français après avoir pourtant affirmé qu’il présenterait publiquement et régulièrement ses bilans de santé. » Le journaliste du Post remonte ensuite un peu plus loin dans le temps. « Déjà à leur époque, Pompidou et Mitterrand dissimulaient des problèmes de cancer. Ils finissaient par l’avouer seulement quand la maladie devenait évidente. »

Les articles d’opinion du New York Times dédiés à Nicolas Sarkozy sont toujours aussi croustillants. Steven Erlanger, correspondant à Paris pour le journal américain, a réalisé cette semaine une petite « échographie» du cerveau présidentiel français. Et le journaliste n’y va pas avec le dos de la cuillère. Pour lui, « Sarkozy renvoie l’image d’un politicien moderne, sans idéologie, qui va de l’avant. Mais aussi donne l’apparence d’une personne bling-bling, plutôt limitée sur le plan culturel et intellectuel. » Quand il annonce admirer Sylvester Stallone ou adorer Les Bronzés, son image en prend forcément un coup. Et quand en plus vos amis personnels se nomment Jean-Marie Bigard, Michel Sardou… Mais tout cela, c’était avant annonce Erlanger dans son papier. Maintenant, Sarkozy a changé. Pour preuve, le journaliste du Times s’appuie sur des articles récents de la presse française, dont un de l’Express : « La métamorphose». Il faut dire que Carla est passée par là depuis. Elle aurait « teinté » son mari de « haute culture », en l’introduisant auprès des gens importants de ce monde. Il fréquenterait ainsi des intellectuels, lirait de nouveaux écrits et s’affranchirait surtout de ses codes passés. On a entendu dans ses discours récents des passages de célèbres auteurs comme Céline ou Sartre. En attendant, c’est quand même lui qui a personnellement demandé à Johnny Halliday de venir chanter au Champs de Mars le 14 juillet dernier. On ne se refait pas du jour au lendemain…

Voilà un article qui devrait faire réagir. Signé du journaliste Mark Reinoso pour l’édition new-yorkaise du site www.examiner.com, il compare quelques différences notables entre le fonctionnement de la société française et celui de la société américaine. Et à la surprise générale, pour une fois dans un article d’opinion outre-Atlantique, notre Hexagone est littéralement encensé… Le journaliste commence pourtant fort quand il dit : « Ici, aux États-Unis, il ne se passe pas un jour sans que j’entende une personne autour de moi parler de la stupidité des Français, leur dégoût pour la guerre, leur snobisme ou leur amour pour le fromage. » En prenant ce contre-pied initial, Mark Reinoso montre par la suite que son pays a bien tort de blâmer trop vite les Frenchies. En matière de politique notamment, quand il défend les positions de Chirac ou Sarkozy sur certains points. Exemple : « Les États-Unis sont entrés en guerre en Irak au nom de la liberté et de la démocratie, pour au final sombrer économiquement et entâcher la réputation du pays dans le monde. Au contraire, Chirac a su ne pas s’impliquer car il savait qu’il mettrait son pays en faillite. » Il continue sa démonstration pro-française en évoquant d’autres exemples : les licenciements dans les entreprises, les dépenses gouvernementales et l’action du l’État dans les banques. En fin de compte, Reinoso prétend que les États-Unis deviennent encore plus socialistes que ne le sont les Français, en particulier depuis l’élection d’Obama. Le capitalisme américain serait un leurre, d’où cette remise en questions qu’il estime nécessaire pour ses concitoyens.

Depuis que le quotidien L’Equipe a révélé que Lance Armstrong s’était bien dopé lors du Tour de France 1999, le champion américain n’était plus en odeur de sainteté avec le public français. Son come-back lors de cette édition 2009 pouvait laisser craindre le pire pour sa côte de popularité le long des routes. Il n’en fut rien. Toujours sur www.examiner.com, la journaliste de Philadelphie Anne Rock parle même de Lance comme « un ennemi devenu bon ami. » Après l’avoir critiqué durement et l’avoir souvent comparé à un « robot sans âme », le public français a pu, avec ce Tour, voir en Armstrong « un sportif plus humain, moins invincible », qui finit seulement troisième. Anne Rock justifie le retour du Texan : « Pourquoi reviendrait-il à l’âge de 37 ans au risque de se ridiculiser devant ses détracteurs ? Tout simplement, car il a un amour profond pour son sport, une dernière tâche à accomplir afin de donner encore un peu plus d’espoir aux malades du cancer. » Ni hué sur l’ensemble du parcours, ni vilipendé par les médias tricolores, l’Américain a su reconquérir en partie le cœur des Français. Voici sans doute sa vraie victoire cette année.

Commentaires

  • Anonyme

    Michel Sardou et Nicolas Sarkozy ne sont pas amis. Ils se connaissent à peine.