Jean Philippe Delhomme, anthropologue des apparences

Quand il pense à Paris, Jean Philippe Delhomme imagine un étang à l’eau stagnante. « Ici à New York, les gens ne peuvent pas faire la planche plus d’une heure, sinon ils sont pris dans le tourbillon ».  Il y a maintenant quatre mois qu’il est installé à Manhattan, dans un appartement de Greenwich Village qui lui sert aussi d’atelier. Parisien jusque là, il était de passage à New York plusieurs semaines par an. Il a décidé de venir y vivre, par amour pour la ville : « ce que j’aime ici, c’est que les gens sont toujours à la recherche de quelque chose et regardent donc plus ce qu’il se passe ailleurs ».

Pour lui c’est du vécu. En 1993, l’artiste vient montrer son travail à New York. Il n’a pas fallu des mois pour que les directeurs artistiques de Barney’s repèrent l’intelligence de sa signature, déjà révélée en Europe. La chaîne de luxe lui commande des illustrations à la gouache pour ses quatre prochaines campagnes de pub. « Je peux parler de succès parce qu’on a proposé une façon novatrice de communiquer sur la mode, différente de ce qui se faisait alors avec les photos » reconnaît Jean Philippe Delhomme. Ses premiers dessins de mode, c’est pour Glamour (France) et Vogue (UK) qu’il les réalise, six ans avant les affiches Barney’s  placardées jusqu’à Los Angeles, le long du Sunset Boulevard.
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Il dessinera aussi pour Vogue Paris, Vogue Japon, pour le magasine de design House&Garden ou encore pour Libération, Madame Figaro, GQ, The New York Times, The New Yorker et bien d’autres. En 2006, c’est au Bon Marché que l’artiste prête ses silhouettes de germanopratines très branchées, un buzz publicitaire à faire pâlir la rive droite de jalousie. Jean Philippe Delhomme est aussi l’auteur de trois romans, d’un livre pour enfant et de trois livres d’illustration dont une compilation vient de sortir aux Etats-Unis en mars dernier aux éditions Rizzoli, The Cultivated Life.

The Cultivated Life résume la démarche de l’artiste. Si la mode est son dada, Jean Philippe Delhomme garde une saine distance. « Je n’ai pas l’esprit mercenaire des gens du marketing » explique t-il. La mode est inévitablement belle, mais elle ne le serait pas autant si on ne pouvait s’en moquer. Le microcosme des défilés et des galeries contemporaines génère des situations que Delhomme transpose en saynètes drôles et ironiques. « Je n’aime pas dire que mon travail est critique, parce que je ne suis pas dans la dénonciation » précise t-il. Ses illustrations offrent simplement un point de vue réfléchi sur les apparences : « les apparences disent plein de chose sur les gens, la vie ». Qui n’a jamais feind de s’intéresser en passant la porte d’une galerie, pour se donner l’air important ?

Et l’artiste pousse son étude quasi-comportementale encore plus loin avec The Unknown Hipster, ce personnage fictif (un Français) qu’il a introduit dans la blogosphère depuis peu. Fraîchement débarqué à New York, Hipster n’a que faire des guest lists de ‘fashionable events’ en tout genre où il aime traîner sa nonchalance – espérant un jour percer dans ce milieu très prisé de l’art contemporain. De soirées en vernissages, Hipster pose aux côtés de François Pinault, Karl Lagarfeld, le Patriarche de Venise ou la très pulpeuse Lady Fag. « Le Hipster est pour moi une façon de parodier tous ces gens qui tiennent des blogs, et se veulent ‘cool’, explique Delhomme, mais c’est surtout le panorama d’un certain New York que je cherche à montrer ».

Un personnage autobiographique ? Delhomme assure que non. Il n’y pas que les paillettes qu’il aime observer. En ce moment, les scooters et les joggeurs l’intriguent beaucoup, tout comme ces touristes français qu’il repère parmis d’autres dans les rues de Soho : « A New York, les Français se sentent obligés de s’habiller sur leur 31 quand ils se baladent dans les rues« .

Site officiel de JP Delhomme

Blog The Unknown Hipster

Commentaires

  • ALESSANDRI

    bonjour
    désolée ce mail n’a rien à voir avec le contenu de l’article
    je cherche despérement un appartement à louer à manatthan et dans greenwich village c’est pour mon fils qui vient faire un stage
    du 17 aout au 07 septembre 2010 – il a un appartement a montparnasse à paris
    cela pourrait être un échange je vous laisse mon mail on ne sait jamais vous devez connaitre beaucoup de monde
    je cherche 30 ou 40 M2
    Merci de votre aide
    sebastienalessandri@gmail.com ou hameaudupero@orange.fr