Jamel Béribèche, le démonteur d’images

« Mon art, je le définirais comme improbable et sans contrôle, je ne veux pas d’étiquette ». Jamel Béribèche, connu aussi sous le pseudonyme de Serio, est graphiste, peintre, dessinateur. Sa spécialité: le détournement de publicités. Omniprésentes, il les manipule, les retouche, les colore, les découpe… et montre le résultat dans la rue, sa “galerie à ciel ouvert“. En octobre 2011, il a affiché ses oeuvres dans les “sucettes” publicitaires JC Decaux (en collaboration avec le groupe), place de la Réunion à Mulhouse. Le projet, “See Something Differently”, était destiné  à « ceux qui n’ont pas la culture d’aller dans une galerie ou un musée ».

Né à Mulhouse de parents d’origine algérienne, une enfance dans une banlieue difficile, Jamel Béribèche était bien loin de penser qu’il serait un jour peintre à New York. Les études n’ont jamais été son truc. « On passait notre temps à traîner dehors et je cherchais ma vocation ». Il s’engage tout de même à 15 ans dans un CAP de l’industrie vestimentaire, mais c’est la culture du graffiti qui le passionne réellement. Il se met alors à taguer les murs de la ville. Il finit par constituer un dossier de plus 300 dessins qu’il présente à l’Ecole des Beaux Arts, alors qu’il n’a pas le bac. En 2000, il est admis à la prestigieuse école, fera six ans d’études et en sort avec trois diplômes. « Mes parents avaient peur pour moi au départ. Le métier d’artiste n’est pas gage de stabilité. Le fait que je sois entré aux Beaux Arts les a rassurés »

Pour payer ses études et gagner sa vie, Jamel Béribèche a travaillé pour Peugeot ou la Lyonnaise des Eaux. Le grapheur a aussi donné des cours d’expression artistique en prison et à des handicapés mentaux. « J’ai l’impression que l’art peut éviter de retomber dans la délinquance. En prison, j’ai vraiment voulu que les détenus se libèrent, puissent s’exprimer à travers l’art. » Mais « une de mes meilleures expériences fut celle avec les handicapés mentaux, confie-t-il. Leurs dessins étaient d’une naïveté déconcertante car ils perdaient tout contrôle et dégageaient une émotion très puissante».

Installé à New York depuis deux ans, il assure que vivre aux Etats-Unis est « la réalisation d’un rêve de gamin ». Il est donc impatient de présenter « See Something Differently» au public new-yorkais dans le cadre de l‘Affordable Art Fair printemps 2012 .« Le but ce n’est pas du tout d’imposer un point de vue mais de créer une réaction, une émotion».

Infos pratiques:

Affordable Art Fair New York. Du 18 au 22 avril. 7 west 34th street. Le travail de Jamel Béribèche sera exposé au stand F-5. Pour plus d’informations sur Jamel Beribèche ici

Commentaires