Internationalement vôtre

Je suis installé à New York et travaille en français. Par définition, ma clientèle est donc mobile. De plus en plus, on me contacte de partout aux Etats-Unis et même en dehors. Skype et ses semblables ont aboli les frontières pour les life coach aussi… J’ai l’occasion maintenant de parler à des Français qui vivent partout dans le monde, qui ont des vies et des ambitions différentes, des souhaits et des soucis différents, mais qui en fin de compte, sans le savoir, se ressemblent beaucoup.

Cyril vit à Hong Kong. Il a accepté d’être muté par sa compagnie, un laboratoire pharmaceutique de renom, en échange d’une belle promotion. Le voilà seul pour six mois, éloigné de sa femme et de ses deux filles, restées à Toulouse. «Il fallait que je saisisse cette chance, mais j’ai dû partir en plein milieu de l’année scolaire de mes enfants. Je n’arrive plus à savoir si j’ai fait le bon choix. La culpabilité me ronge».

Frédérique travaille à Johannesburg pour une bijouterie spécialisée dans les diamants. Elle adore son métier qui est de faire d’une pierre à l’état brut un unique joyau. «J’ai toujours refusé de regarder en face l’exploitation cruelle des noirs dans les mines situées à quelques kilomètres seulement de mon bureau. Je suis autant dégoûtée par ce qu’il s’y passe, que par ma lâcheté de laisser faire et de ne pas prendre de décisions».

Dorothée a rencontré son mari, Américain, en fac de droit. Après avoir vécu dix ans à Paris, ils viennent de s’installer à Washington DC pour franchir un palier professionnellement, et ensuite démarrer une famille. «La France est atteinte de réunionite aiguë, ce qui nous est devenu insupportable. John et moi avons besoin d’action afin de satisfaire nos ambitions. Pourtant, je doute de mes capacités à vivre sans mes amis et à élever mes enfants dans cet univers souvent dur».

Chacun a son dilemme particulier. Pourtant la première question qui me vient à l’esprit est la même pour tous, pourquoi ne pas rentrer ? Je ne suis pas surpris du contenu de leurs réponses. Que cela soit « non », « pas question ! » ou « et puis quoi encore ? », tous font preuve de leurs désirs de persévérer dans leurs vies d’expats ou d’immigrés. Mon silence qui suit les étonne, pour mieux les faire réfléchir. Avant de parler d’un dilemme qui les torture jour après jour et dont ils ne se sortent pas, il faut que leurs cerveaux épuisés puissent se calmer, respirer, et prendre le temps de vivre et de penser. Qu’est ce qui fait que vous avez eu envie de partir ? «Je me suis toujours sentie différente des autres. Je ne veux plus vivre avec cette perpétuelle impression de m’excuser de qui je suis», me dit Frédérique, un peu remontée. Cyril rit de bon cœur, joyeux et insouciant, «je n’ai jamais été malheureux dans mon pays, mais j’aime l’aventure, l’inédit et l’exotique. Cela titille ma créativité que je n’ai pas le loisir d’exprimer dans mon job». Dorothée quant a elle, reste calme et posée, « je n’ai jamais ressenti l’envie de partir pour ne plus jamais revenir. Par contre, j’ai toujours eu en tête, un jour, de voir si j’avais les épaules assez larges pour me frotter au monde du travail américain».

Ils se retrouvent tous derrière un mot, un concept, partir. Au lieu d’appréhender leurs dilemmes sous l’angle de ce qu’ils ne sont plus, des Français vivants en France, j’ai envie qu’ils utilisent à la place ce nouveau regard qu’ils ont choisi, celui de quelqu’un qui s’installe dans une nouvelle existence, en mode découverte. Cyril fait trembler mon ordinateur tant il est enthousiaste, «mais oui ! Au lieu d’attendre passivement six mois que quelque chose tombe du ciel, c’est à moi de saisir l’opportunité de créer le cadre de vie qui conviendra à ma famille et que l’on espérait tous». Frédérique est songeuse, «je me rends compte que j’ai eu peur d’être moi-même alors que c’est pour cela que je suis partie. Je ne devrais même pas me poser de questions sur mon futur dans cette boîte qui pratique l’esclavage moderne», et Dorothée est déjà dans l’action «prête à bousculer tout ce que je croyais rigide, déterminée à profiter à fond des années que je vais passer ici, en nouant de nouvelles relations et en enrichissant mes enfants de deux cultures que je crois complémentaires».

Cette étape passée leur a permis non pas d’identifier immédiatement quelles étaient les solutions à leurs problèmes, ça serait trop simple, mais de se préparer à marcher vers leurs objectifs, plus sereinement, sans trimballer et secouer dans tous les sens le co-pilote que je suis. Cyril a goûté aux joies du célibat forcé sans pour autant tomber dans ses travers. Lorsque sa famille l’a rejoint, il s’est ému de les voir si heureux s’installer dans un appartement qu’il avait choisi et meublé avec son cœur. Dorothée a vite arrêté de travailler dans le droit international. Elle s’est lancée dans une boutique de meubles pour enfants avec la femme d’un collègue de son mari. Frédérique, après avoir essayé de faire changer la politique de sa compagnie, sans succès, travaille maintenant dans une société plus petite, moins réputée, mais en parfait accord avec son caractère et ses valeurs morales.

Trois histoires différentes dans trois endroits différents de la planète, mais un point commun. Celui de vouloir se sentir en phase avec soi-même et de faire les efforts nécessaires pour y parvenir. Se regarder dans la glace pour ce que l’on est aujourd’hui, pas pour ce que l’on a été, ou ce que l’on sera plus tard, est déjà faire un pas vers l’épanouissement. Partir, n’est-ce pas avant tout partir à l’aventure de soi ?

Pour en savoir plus sur ce qu’est le coaching avec Nicolas Serres-Cousiné, visitez www.monlifecoach.com

Commentaires

  • Gregoryhorion

    Ca s’appelle la therapie :-)