Grogne anti-Lefebvre à l’UMP

Si seulement… C’est le cri de plus d’un militant UMP d’Amérique du Nord. Si seulement Christine Lagarde n’avait pas eu à prendre précipitamment la tête du Fonds monétaire international (Fmi), abandonnant ainsi ses ambitions électorales. L’ancienne ministre de l’économie et des finances, forte de sa légitimité d’ancienne avocate dans un grand cabinet à Chicago, avait été désignée candidate de l’UMP en Amérique du Nord dès le mois d’avril dernier. « Il n’y avait aucun doute: on était tous derrière elle, dit un militant de longue date. Mais là... »

Antoine Treuille candidat?

L’investiture de Frédéric Lefebvre, secrétaire d’Etat au Commerce, par les instances nationales de l’UMP ne fait toujours pas l’unanimité. Signe le plus tangible de la grogne: la multiplication des candidatures « divers droite », certaines de militants de longue date. Gérard Michon, élu à l’Assemblée des Français de l’étranger sur la Côte Ouest, est de ceux-là. « Si Christine Lagarde avait été candidate, j’aurais sans doute fini par retirer ma candidature, dit-il. Mais là j’irai jusqu’au bout ». Autre ex-candidat à l’investiture UMP, Antoine Treuille aurait de son côté fait part à plusieurs proches de son intention de se présenter en indépendant, arguant notamment du peu de traction de la campagne de Frédéric Lefebvre. Contacté par French Morning, le président de la French-American Foundation refuse de commenter.

Autre candidat chassant sur les terres de la droite, Julien Balkany récuse l’étiquette de dissident, mais revendique celle de majorité présidentielle: « Je n’ai jamais demandé l’investiture de l’UMP et j’ai toujours dit que je me présenterai quoiqu’il arrive, affirme-t-il. Je ne suis donc pas dissident ». Mais il assure avoir attiré autour de lui des militants ou sympathisants de l’UMP. L’un d’entre eux assure qu’à l’UMP locale, « l’ambiance est devenue délétère. Les militants qui ne soutiennent pas Lefebvre sont ostracisés par les leaders locaux».

Absentéisme

Un autre militant, autrefois très impliqué dans le RPR puis l’UMP new-yorkais, assure lui qu’il « ne fera campagne pour personne au premier tourJe me mobiliserai au second tour pour battre la gauchemais cette façon de parachuter un type qui ne comprend rien aux problèmes des Français des Etats-Unis me dégoûte ».

La réputation de Frédéric Lefebvre sur la scène politique française n’a pas aidé à son implantation. Figure de la communauté française de New York, où il vit la moitié de l’année, Guy Sorman est un des rares à accepter de donner publiquement son avis sur le candidat. M. Sorman, qui est par ailleurs adjoint au Maire à Boulogne-Billancourt, a fréquenté Frédéric Lefebvre lorsqu’il était député de sa circonscription, laquelle englobe une partie de la ville. « En fait, je ne l’ai jamais vu dans l’exercice de ses fonctions, affirme-t-il. J’ai même du mal à me souvenir qu’il était député. Si vous interrogiez les électeurs, je suis sûr que personne ne sait qu’il a été leur député! »

Très favorable à l’élection de députés représentant les Français de l’étranger – « la France est là où sont les Français et il est normal que ceux qui vivent à l’étranger soient représentés », dit-il - Guy Sorman critique le principe du parachutage dans ces circonscriptions. « On dit un peu aux Français: ‘Vous êtes incapables de vous représenter vous-même’. C’est totalement contradictoire avec le principe même qui a présidé à la création de ces nouveaux sièges de députés ».

« Tous derrière Lefebvre »

Officiellement, l’UMP locale est « sans ambiguïté« , assure Guy Wildenstein, le délégué du parti pour la Côte Est. « Nous sommes tous derrière le seul candidat investi par notre mouvement », dit-il, en regrettant « la multiplication des candidatures de droite qui font le jeu de la gauche ». Mais l’unité est loin d’être parfaite. « Guy Wildenstein est affaibli par ses ennuis judiciaires, explique un militant qui souhaite rester anonyme. Il reste proche de Nicolas Sarkozy, mais cela a moins de poids que par le passé ».

Pour tenter de rassembler les troupes, Frédéric Lefèbvre va lancer sa campagne aux Etats-Unis dès le début février. Il sera à Miami (dans ses fonctions de ministre des PME pour le rassemblement des Conseillers du Commerce Extérieur les 9 et 10 février puis viendra à New York les 11 et 12. Il a prévu de rencontrer plusieurs dirigeants associatifs de la communauté française et tiendra une réunion publique le samedi soir au Novotel de Times Square. L’occasion d’essayer de rassembler la famille.

 

Commentaires

  • Catherine

    Je ne soutiens absolument pas la candidature de Mr Lefebvre qui, d’une part n’habite pas à New York, et qui, d’autre part s’est tout à fait désintéressé d’une affaire très sérieuse pour laquelle nous l’avions approché en juin dernier.

    C’est absurde de l’avoir choisi et « largué » dans une campagne électorale. Des candidates/candidats de la Côte Est, oui, des ministres français incompétents NON! Qu’ils restent dans leurs provinces ou capitale.

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