Fuite des cerveaux français aux Etats-Unis : info ou intox?

French Morning : Votre rapport montre que l’expatriation des chercheurs et universitaires français aux Etats-Unis s’est accélérée ces vingt dernières années. Entre 1996 et 2007, ils représentaient 27% des expatriés (contre 8% entre 1971 et 1980) . Mais vous commencez le rapport en rappelant que ce « brain drain » est assez limité.

Ioanna Kohler : Les données en la matière sont incomplètes, mais disons que cela concerne une population assez restreinte – à mon avis, quelques centaines d’individus de talent et quelques dizaines d’individus de très grand talent. Et, en matière de « brain drain », la France est en-deçà de la moyenne européenne. Ce n’est pas l’hémorragie, mais les symboles sont importants : quand on voit que les trois derniers récipiendaires français du prix Richard Lounsberry, qui récompense en alternance un Français et un Américain dans le domaine biomédical, sont installés aux Etats-Unis, cela ne peut laisser indifférent.

FM : Pourquoi les pouvoirs publics français devraient-ils se soucier du phénomène ?

Il faut se réjouir de la présence des Français dans la mondialisation scientifique car ils avaient la réputation d’être peu mobiles, mais je ne suis pas sûre que la France tire pleinement profit des flux de cette économie de la connaissance. En effet, il y a d’excellents chercheurs en France mais c’est ceux-là qui ont le plus tendance à s’expatrier ou à être « débauchés » par des universités américaines. Il faut se poser la question du « retour sur investissement » : dans les grandes écoles notamment, on investit 100 à 125.000 euros dans leur formation, mais ensuite le suivi n’existe pas vraiment et les perspectives de carrière sont insuffisantes. Parmi ceux que j’ai interrogés, il y en a beaucoup qui auraient envie de rendre quelque chose à la France, sans vouloir d’une carrière dans la recherche qui ressemble à sacerdoce.

Commentaires

  • visiteur

    La retraite a 60 ans , voire 62 ans en France..
    Mis a part ceux qui exercent un travail penible physiquement, il n’y a que les mauvais et les fonctionnaires , a vouloir prendre une retraite a 60 ans..
    Pas etonnant que les bons cervaux ne veuillent pas rentrer en France en sachant qu’a 55 ans , ils seront consideres bons pour une preretraite.