Faut-il choisir une assurance santé pour expats?

«La santé est un business et je vais faire fonctionner cet hôpital comme un business.» C’est Edward Vogler qui s’exprime. Le méchant patron de firme pharmaceutique qui vient embêter le misanthrope docteur House de la célèbre série télé du même nom (ou House MD aux États-Unis). Vogler n’est qu’un personnage de fiction, mais il rappelle une vérité trop souvent ignorée par les Français qui débarquent aux Etats-Unis : les soins de santé n’y sont pas gratuits et les assurances médicales sont très chères. Cinquante millions d’Américains n’ont pas d’assurance médicale faute de pouvoir se payer un tel service et ce problème touche maintenant des membres de la classe moyenne.

Tout soin, visite médicale, intervention se paient. Et il vaut mieux avoir de la réserve, la tendance est à l’inflation des prix et les mauvaises surprises sont courantes.

«L’année dernière un étudiant français en Virginie s’est blessé au genou le lendemain de son arrivée. Il a dû être hospitalisé et opéré. Tout se passe très bien. Mais à sa sortie on lui tend une facture de 14 000 dollars. Il avait pris le soin de s’inscrire à la Caisse des Français de l’étranger, la Sécurité sociale à l’étranger, mais elle ne rembourse que selon les tarifs français, très en dessous des prix pratiqués aux États-Unis. Ce jeune étudiant s’est donc retrouvé avec une très lourde facture sur les bras, rapidement envoyée en recouvrement vu son incapacité à payer immédiatement. Il a pu prendre une entente pour un plan de remboursement sur plusieurs mois, mais malgré tout sa situation reste très difficile. Et s’il quitte le pays sans avoir terminé de rembourser, il sera interdit de séjour aux États-Unis pendant 10 ans», raconte Marie-Thérèse Maurice, responsable de la Caisse des Français de l’étranger au Consulat de France à New York.

Ce type de scénario catastrophe peut être évité, mais les Français qui arrivent aux États-Unis doivent comprendre qu’ils auront affaire à une tout autre culture en matière de soins de santé. Et ne comptez pas sur la solidarité française pour vous tirer d’affaires. Pour Richard Yung, sénateur socialiste de la représentation des Français de l’étranger juge même que les gens se détournent de cette caisse. Il propose de rénover le système «en augmentant notamment le plafond de remboursement par une lutte contre la fraude. Beaucoup de gens dissimulent une partie de leurs revenus dans leur déclaration pour éviter des cotisations plus élevées, il n’y a pas ou peu de vérification. Il y a là un gisement pour faire entrer des fonds dans la Caisse.» D’ici à ce que ces propositions soient adoptées, voici un petit guide pour des solutions qui s’offrent à vous.

Des solutions pour sortir couvert

Différentes situations demandent des solutions idoines. Il n’y a pas de solution unique. Pour les personnes détachées par leur entreprise pour une mission de moins de 3 ans, le plus simple est de s’inscrire à la Caisse des Français de l’étranger et de prendre une assurance complémentaire française. Votre employeur peut vous en offrir une. Sinon, plusieurs entreprises et associations ont des offres dans ce secteur (voir la liste des organismes ayant passé des accords avec la CFE).

Le Groupe Taitbout notamment est associé avec la CFE et offre un pack complet pour les expatriés. Les cotisations trimestrielles à la CFE varient en fonction de l’âge et des revenus allant de 210 euros à 522 euros. Si vous ajoutez le pack du Groupe Taitbout pour une famille composée de deux parents d’environ 40 ans et de trois enfants, votre facture totale de santé, comprenant la CFE, sera d’environ 12 000 euros. L’adhésion à la CFE
doit être faite rapidement après votre arrivée aux États-Unis sans quoi des arriérés de cotisation vous seront réclamés. Vous pouvez télécharger les formulaires d’inscription ici, et vous les renvoyez une fois complétés avec les documents demandés au bureau de la CFE à la BP 100, 77950 Rubelles (France).
En cas d’adhésion à la CFE plus de 3 mois après le départ de France, un délai de carence de 3 à 6 mois vous sera demandé par la CFE. Selon l’âge et si l’expatriation est supérieure à 2 ans, une rétroactivité de cotisation peut même être demandée en supplément.

Une assurance française coûte moins cher que son équivalent américain, si l’on compte tout ce qu’elle couvre. Par contre, il vous faudra payer en France et donc conserver un compte bancaire dans l’Hexagone. Aucune entreprise étrangère ne peut fournir des services d’assureurs aux États-Unis. C’est pourquoi cette solution s’adresse plutôt aux gens qui ne vont en Amérique que pour un séjour limité. Au-delà, il vaut mieux chercher
des solutions locales.

La couverture de la CFE comprend la maladie mais aussi le gros risque (arrêt de travail, invailidité). C’est à ce titre qu’il est difficile de comparer une couverture «CFE + complémentaire» avec une couverture privée «frais médicaux», qui ne couvre que la santé.
Les grandes entreprises américaines ont un plan d’assurance médicale pour leurs employés. Il est généralement plus limité qu’un plan français. Pour avoir un même niveau de services, les 12 000 dollars payés en moyenne par les familles américaines, selon le National Business Group on Health, un regroupement de grandes entreprises américaines pour discuter des enjeux liés à la couverture médicale, ne suffiront pas.

Si vous passez en régime américain et que vous abandonnez la CFE, pensez tout de même au gros risque. «En cas de grave accident vous rendant invalide, vous toucherez alors une pension jusqu’à temps que vous atteignez l’âge de la retraite. Une fois ce cap passé, votre pension cessera et vous n’aurez aucun droit de retraite parce que vous n’aurez pas cotisé, que vous soyez aux États-Unis ou en France. Le système est piégeant et manque de clarté», avertit Alexis de Saint-Albin responsable du pôle international au Groupe Taitbout.

Autre limite, certains assureurs négocient avec une Health Maintenance Organization (HMO), une organisation médicale pour opérer un dégroupage. Les assurés ne sont remboursés pour leur visite médicale que s’ils se rendent dans certains cabinets et/ou hôpital avec qui des accords ont été passés. Ce qui n’est pas toujours pratique.

Un mi-chemin

Si vous vous installez aux Etats-Unis pour une longue période, le Groupe Crystal vient de développer un produit déjà connu dans le cercle des organisations internationales offrant un rapport qualité/prix des plus compétitifs.

«Ce que nous offrons avec le courtier belge Vanbreda est un produit d’assurance bien connu des employés de la Banque Mondiale, du Fonds monétaire international et des Nations unies. La couverture est mondiale, tarifiée en dollar, offerte par un assureur affilié à un réseau américain United Health Care avec une adresse aux États-Unis, ce qui permet de lever la méfiance de certains hôpitaux américains qui n’aiment pas trop traiter avec des firmes étrangères par crainte des impayés. Nous donnons à nos clients une carte qu’ils présentent à l’hôpital pour une prise en charge immédiate sans bourse délier», résume Éric Thoby General manager de Crystal Panamerica, la filiale américaine de la firme française le Groupe Crystal.

Ce type de solution reste malgré tout assez cher, mais a l’avantage de la souplesse. Pour une famille avec deux parents de 40 ans et deux enfants, le coût annuel sera environ de 9600 dollars.

Cette offre paraît particulièrement adaptée pour les expatriés français qui exercent des professions plus ingrates que d’autres. Certains employeurs refusent de s’engager sur le terrain de la couverture médicale. C’est généralement le cas de l’industrie de la mode pour les coiffeurs, stylistes, mannequins, etc. La restauration est aussi particulièrement cruelle.

Commentaires

  • http://www.ryancenter.org/ Severine

    Si votre assurance a eu une limite de remboursement basse ou si vous n’avez pas d’assurances, vous pouvez aller vous faire soigner au Ryan Community Center pour une consultation de 93 dollars maximum. On attend parfois un peu mais les soins sont tres biens et complets.