Ce Carrefour qui revend du bonheur

Au sous-sol de l’église Saint Vincent de Paul à Chelsea, on entend des personnes parler français avec des accents venus d’ailleurs. Dans une grande salle rénovée, une quarantaine de personnes papote. Les enfants jouent et courent dans tous les sens tandis que des bénévoles distribuent café et gâteaux. « Ici c’est comme en famille … On vient pratiquement tous les dimanches », raconte Dieudonné, café à la main.

« Ici », c’est au Carrefour Pastoral pour la Francophonie, une association qui vient en aide aux immigrés francophones dans le besoin. Chaque dimanche, elle organise, en marge de la messe à Saint Vincent, une « pause-café », véritable échappatoire aux problèmes du quotidien. « On met les soucis aux placards », explique Bénédicte de Montlaur, présidente adjointe de l’association, créée en 2006 par le Père Jacques LaPointe.

Des soucis, il y en a beaucoup pour ces candidats au départ. Barrière de la langue, problème d’emploi dans une économie en crise, difficultés d’intégration et de légalité transforment leur « rêve américain » en précarité et incertitude. A cela s’ajoute la pression de devoir envoyer de l’argent tous les mois à leur famille restée au pays. « C’est une histoire de culture, la personne envoyée aux Etats-Unis est la fierté de la famille. Elle se doit de réussir et d’envoyer de l’argent tous les mois. Dans ces cas, l’échec n’est pas concevable, ni compréhensible », raconte Claire Williams, coordinatrice générale et bénévole depuis les débuts. Certains, au sommet de l’échelle sociale chez eux, dégringolent aux Etats-Unis. «Il faut un courage inouï pour rentrer. Si vous rentrez c’est que vous avez échoué, vous pouvez être considéré comme une honte à la famille », poursuit Mme Williams.

Recherche de logement, d’emploi, distribution de vêtements et de nourriture, aide juridique et cours en tout genre (de l’anglais à l’informatique): Carrefour assiste ses bénéficiaires dans tous les aspects de leur intégration. Les bénévoles de l’association organisent aussi des distributions de cadeaux à Noël et un Thanksgiving francophone pour créer du lien entre les bénéficiaires. « On essaie surtout de leur donner un coup de pouce. Il suffit souvent que d’une petite aide », précise  Bénédicte de Montlaur.

Une petite aide qui serait également la bienvenue pour les bénévoles de l’association, qui a grossi ses dernières années pour compter une vingtaine de volontaires et un local, au sous-sol de Saint Vincent de Paul, l’église francophone menacée de fermeture. Carrefour voudrait y installer une bibliothèque et un espace informatique. « Le gros souci, c’est le manque de moyen financier », poursuit Bénédicte de Montlaur. Elle compte notamment sur une soirée de Gala, « Marie Antoinette Garden’s party » de son nom, qui aura lieu ce vendredi 20 avril, pour lever des fonds. Champagne, macarons, DJs et mélange des cultures seront au programme dans un penthouse avec vue sur la Skyline de New York. Tous les francophones sont invités.

Infos pratiques :

« Marie Antoinette Garden’s party. Vendredi 20 avril. De 19h à 1h du matin. L’inscription se fait par internet ici. Pour plus d’informations sur la soirée de gala ici. Pour plus d’informations sur Carrefour ici

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