Alain Juppé le recours?

Cette semaine, c’est Alain Juppé qui a le beau rôle dans la presse américaine: le New York Times dresse le portrait du ministre des affaires étrangères français. Steven Erlanger le présente comme un homme de première importance dans le paysage politique français actuel, et le décrit comme « compétent, poli et légèrement ennuyeux ». Le journaliste rappelle que le début du ministère d’Alain Juppé ne s’est « pas bien passé »: Sarkozy a décidé de soutenir les rebelles libyens « sans même demander l’avis de son nouveau ministre des affaires étrangères ». Mais Juppé ne s’est pas laissé faire, et a menacé de démissionner. Pour le journaliste, en France, la politique étrangère a toujours été dans les mains du président, mais un ministre des affaires étrangères autoritaire peut avoir un rôle malgré tout. C’est le cas d’Alain Juppé.

La vie du ministre n’a pas toujours été facile: « il y a quelque chose de tragique » dans son destin pour le New York Times. Après avoir fait les meilleures études possibles et réussi un brillant début de carrière, le politicien proche de Jacques Chirac voit sa carrière brisée par son procès dans l’affaire des emplois fictifs à la mairie de Paris. Eloigné de la vie politique pendant un an, Juppé est réélu maire de Bordeaux en 2006. En 2010, il est nommé ministre de la défense et connaît depuis, d’après le journaliste, « une impressionnante résurrection ». Le ministre des affaires étrangères assure en public que Sarkozy est le meilleur candidat pour la présidentielle de 2012. Mais pour le New York Times, il est surtout en train de préparer sa propre campagne: celle de 2017. Il a laissé entendre que le sénateur John Mac Cain s’était présenté à la présidentielle à l’âge de 72 ans. Or, comme le fait remarquer Steven Erlanger, « c’est l’âge qu’aura Alain Juppé en 2017″. A bon entendeur…

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