À Austin, des Français au temple de la hi-tech

Non, South by Southwest (SXSW) n’est pas seulement le principal festival de musique d’Austin, l’autoproclamée « capitale mondiale de la musique live ». C’est aussi, pour cinq jours, la Mecque des « techies » du monde entier.  Vingt mille faiseurs du web, dirigeants de start-ups ou d’entreprises majeures du secteur, blogueurs, journalistes et consultants sont réunis à SXSW Interactive, le volet hi-tech de la manifestation, qui se présente comme « un incubateur de technologies de pointe ». Et, de fait, c’est ici que sont nés les populaires réseaux sociaux Twitter et Foursquare.

Mecque des « techies » et des « geeks »

Dans cette marmite de cerveaux technos née en 1994, dans le sillon du festival de musique, afin de refléter la transition de l’économie locale vers la hi-tech, les Français sont présents. Pour eux, il ne s’agit pas de faire acte de présence, mais bien de partir à la chasse aux dollars pour financer un projet, concrétiser une idée qui changera probablement le monde. C’est « l’endroit parfait pour chercher partenaires, sponsors et mentors », estime Pierre-Simon Ntihurungwa, étudiant de l’école supérieure de commerce de Paris en stage au sein de la start-up californienne Ifeelgoods. Le Français veut organiser une rencontre internationale d’étudiants en écoles d’ingénieurs et de commerce cet été à San Francisco, dans le cadre de l’association Silicon Students. « Il y a du beau monde » à Austin, confirme Jean-Yves Le Moine, consultant dans le domaine des médias numériques. Basé à Paris, il est inventeur de l’application Seentalk, qui permet de regarder un film en ligne avec des amis, même à distance, et d’y insérer des commentaires écrits ou filmés. Lui aussi est « venu trouver un peu d’argent » pour financer son idée.

Ces entrepreneurs sont conscients qu’il ne sera pas facile de retenir l’attention des investisseurs potentiels. « Tous les ans, les entrepreneurs viennent [à Austin] présenter de nouvelles façon d’orchestrer vies virtuelles et vie réelle », décrit Renaud Edouard-Baraud, membre de la cellule de veille de BNP Paribas, L’Atelier. À l’issue du festival, « certaines applications peuvent aller conquérir le grand public de leur pays d’origine ou se faire acheter par des plus gros », tandis que « les plus faibles sont déjà oubliées ».

French connection

C’est pour rendre les Français plus forts et visibles dans cette joyeuse fourmilière que M. Edouard-Baraud a lancé en 2010 French by Southwest (FXSW), un réseau de start-ups, d’associations, mais aussi de marques établies comme Orange. En plus de servir de lieu de rencontre, le groupe vise à « répandre l’esprit de SXSW en France » (rien que ça !) à travers différents supports, comme son blog, une page Scoop.it!, un compte Twitter. Nos Français ont ainsi posté sur le blog un entretien avec le CEO d’Instagram et différents articles sur les nouvelles technologies, pour partager leurs découvertes et impressions avec la France.

Et comme ils restent Français même à Austin, ils se retrouvent pour des déjeuners quotidiens au pub Fadó (photo), à dix minutes du centre des congrès. Histoire de joindre l’utile à l’agréable.

Commentaires

  • Chantal Valsecchi

    Tres bel article qui donne envie de faire un tour a Austin…..